Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Mise en oeuvre de la Goana - la recherche comme porte d'entrée

Bakary Dabo

9 Mai 2008


Les agissements autour de la Grande offensive agricole et pour la nourriture et l'abondance (Goana) se font rage. Pour éviter de mettre la charrue avant les boeufs, la recherche agricole est perçue par des techniciens comme l'étape premier de cette vision.

« La crise alimentaire mondiale et la production de biocarburants : quelles réponses pour le Sénégal ». C'est le thème autour duquel s'est tenu, ce jeudi 8 avril à Dakar, la seconde édition des conférences de l'Agence nationale du conseil agricole rurale (Ancar). Une rencontre ayant permis de mieux mesurer le rôle précurseur que pourrait jouer la recherche dans la mise en à "uvre de la Grande offensive agricole et pour la nourriture. Les techniciens qui ont passé au peigne fin cette problématique, jugent nécessaire la revalorisation des résultats de la recherche agricole. Les développements ont, dans une certaine mesure, permis d'appréhender les contraintes que suscite la production de biocarburants, perçue comme une menace pour la culture des denrées de consommation.

D'aucun, pense que la recherche à un important rôle à jouer dans la production de biocarburants. Outre le jatropha, il existerait d'autres plantes dont l'exploitation pourrait aider à la production de biocarburants et sur des terres qui résistent à la salinisation et impropres à l'agriculture. Cette démarche se pose comme moyen devant anticiper la crise du foncier que pourrait engendrer la production de biocarburants.

Pour le Directeur Général de l'Institut Sénégalais de Recherche Agricole (Isra), le Dr Macoumba Mbodj, la question de la priorité entre production de denrée alimentaire ou de biocarburants se pose également. M. Mbodj de rassurer que les productions de riz et de maïs qui pourraient être utilisées pour le biocarburant sont d'abord destinées à la consommation au niveau des ménages. Pour lui, biocarburant et culture vivrière sont complémentaires du moment que le premier peut servir à la mécanisation de l'agriculture. Ce qui, selon lui, confirme la nécessité d'impliquer les scientifiques à travers la recherche. A cela, le Dr Chérif Salif Sy, Directeur Général de l'Ancar a tenu à rappeler que : « on ne peut pas forcément passer par les leviers utilisés par les pays développés pour développer notre agriculture ».

Pour M. Sy, il faut d'abord former les ressources humaines pour mener cette grande offensive. A son avis, en plus du foncier, le problème majeur de fond aujourd'hui c'est l'implication des chercheurs. Avant de postuler que : « toutes les révolutions sont la résultante de la recherche ». Les techniciens sont convaincus qu'on ne peut pas faire de l'agriculture sans la recherche qui, selon eux, a donné des résultats au Sénégal et que le moment est venu de donner à cette activité la place qu'elle mérite.

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