L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Noro Haingo Rakotoseheno
10 Mai 2008
La direction de la protection sociale a décidé de suspendre la délivrance de la carte verte aux personnes âgées. Faute de texte régissant cette disposition en faveur du troisième âge, les transporteurs refusent de reconnaître sa validité.
En attendant l'adoption de la loi qui décrète la validité de la carte verte au profit des personnes âgées, le ministère de la Santé et du planning familial vient de suspendre sa délivrance. D'après Marcel Ramahavita, directeur de la protection sociale, la phase d'expérimentation de la carte de 2003 à 2007, a démontré qu'elle n'a amélioré en rien la situation des plus de 60 ans.
La présentation du passeport vert dans les véhicules de transport en commun aurait dû leur accorder une réduction de 30% des frais. Si certaines coopératives s'y sont soumises, d'autres ont rechigné à le faire, et les receveurs travaillant sur leurs voitures n'ont pas hésité à affirmer qu'il n'a aucune valeur.
Victimes de querelles politiques
Moïse Andriaherivelo, vice-président de l'Union des coopératives de transport terrestre urbain (UCTU) impute ce dysfonctionnement à l'absence de pourparlers entre son organisation et le ministère de tutelle avant la mise en circulation de la carte. « C'est pourquoi certains transporteurs sont indulgents par respect à l'égard des vieilles personnes et d'autres ne le sont pas », dit-il.
L'autorité compétente étudie actuellement une loi garantissant la protection sociale des personnes du troisième âge, telle que l'a dicté le président de la République, lors de la dernière présentation de voeux à Iavoloha. « Les textes stipuleront, entre autres, la mise en vigueur de la carte verte qui allège une partie de leurs charges financières quotidiennes », laisse entendre Marcel Ramahavita.
L'Association des personnes âgées (Fizoma) a pris en main la collecte des dossiers que les bénéficiaires doivent reconstituer à la demande de la commune urbaine d'Antananarivo « Cependant, le conflit qui oppose la CUA aux chefs de fokontany, freine notre travail », souligne Moks Razafindramiandra, président de la Fizoma. Jusqu'ici, seule une centaine de dossiers ont été recueillis dans les 192 fokontany de la capitale. « Le troisième âge est victime de querelles politiques qui ne le concernent en rien », ajoute-t-il.
La sortie de la loi sur les personnes âgées apportera ainsi une nouvelle donne dans le traitement des sexagénaires et plus. Par contre, l'UCTU demande à l'état une compensation pour les transporteurs car « ils devront prendre en charge une partie des frais de déplacement des personnes âgées ».
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