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Congo-Kinshasa: La synergie agriculture, infrastructures, mines, et transcom pour éviter la pénurie
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Le Potentiel (Kinshasa)
OPINION
10 Mai 2008
Publié sur le web le 10 Mai 2008
Bienvenu Marie Bakumanya
Kinshasa
La crise alimentaire qui touche quasiment tous les produits de grande consommation n'émeut outre mesure, les dirigeants congolais. Au niveau du gouvernement, des mesures arrêtées lors du dernier conseil spécial des ministres, visent uniquement les conséquences. Elles ne touchent pas les fondamentaux à mettre en place pour arriver à des réponses structurelles pour éviter la grande pénurie aux Congolais.
Vers la fin de l'année en cours, il n'y aurait plus une seule graine de riz sur les marchés mondiaux, pour ne prendre que l'exemple de ce produit devenu un aliment de base pour de nombreux congolais. Les pays producteurs et exportateurs ont décidé de privilégier leur demande intérieure au détriment de l'exportation. Plus de riz thaïlandais, vietnamien, chinois, indonésien, ... c'est la situation qui prévaudra à cette échéance, proche d'une catastrophe alimentaire.
La République démocratique du Congo est un pays qui importe l'essentiel des denrées de grande consommation : riz, blé, huile végétale, poulet, viande, La moindre surchauffe se répercute directement sur les populations. La combinaison des crises financière, pétrolière et alimentaire a des graves conséquences sur le vécu quotidien des Congolais. La balance de paiement de la RDC souffre en effet, du poids de la part réservée aux importations des denrées alimentaires.
Et pourtant, la RDC est en mesure de prendre des mesures qui s'imposent pour résorber cette crise, grâce à son immense potentialité dans le domaine de la production agricole.
Loin des s'attaquer aux épiphénomènes, il est urgent d'arrêter courageusement les mesures structurelles afin de ne point être pris au dépourvu au moment de la manifestation la plus alarmante de la crise. En ce moment-là, l'incapacité du gouvernement à gérer l'urgence risque d'être à la base des remous sociaux et autres difficultés difficilement gérer. La colère des casseroles n'est pas facile à contenir. « ventre affamé n'a point d'oreilles », ne cesse-t-on de rappeler.
LA SYNERGIE
De plus en plus, il se constate que le gouvernement ne semble pas appréhender le danger qui se profile à l'horizon. Aucune coordination est visible, sans compter un tableau de bord contenant un plan de sauvetage des Congolais face à la catastrophe qui se pointe déjà.
Pour des observateurs, le temps est venu de réorienter les priorités dans la construction des infrastructures de base. Pour ce faire, les routes à construire avec le concours des Chinois devront intégrer l'aspect évacuation non seulement des minerais, mais aussi des produits alimentaires des lieux de production vers ceux de consommation.
Une concertation entre les ministères des Mines, des Infrastructures, des transports et voies de communication, sans oublier l'Agriculture, est de nature à mettre en commun les énergies. Ce faisant, la construction des voies d'évacuation des minerais, la RDC réussirait plusieurs coups, notamment le drainage des produits alimentaires vers les centres de consommation.
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La production alimentaire a baissé en RDC parce que les agriculteurs éprouvent d'énormes difficultés pour ramener leurs produits dans les lieux de consommation. Du manioc, du maïs, pourrissent dans plusieurs villages de l'Equateur et du Bandundu. Sans compter le poisson des lacs de l'Est et du fleuve qui périssent plutôt à cause de vieillesses. La RDC regorge d'une potentialité halieutique de 700.000 tonnes de poisson, mais l'exploitation est loin d'atteindre le seuil acceptable. Autant de pistes qui devraient figurer dans un plan réfléchi et bien structuré pour faire face à la pénurie qui s'annonce inexorablement.
C'est en période de crise que des esprits trouvent des solutions pour le bien de tous. L'occasion est ainsi donnée à la RDC de définir une politique d'autosuffisance alimentaire. La mise à contribution de l'Onatra par la reprise du trafic sur le fleuve et ses nombreux affluents, la remise en service des voies ferrées, la réhabilitation des routes sont autant d'atouts qui se présentent à la RDC afin que cesse, à jamais, la honteuse politique d'importation des denrées alimentaires de grande consommation.
L'eau est à la portée des fermiers, agriculteurs et autres, sur une terre arable estimée à plus de 80 millions d'hectares. Tout est réuni pour que l'autosuffisance alimentaire soit une réalité en RDC, plutôt qu'un voeu. Seule une réelle volonté peut garantir la réussite d'un tel plan. Il y va de la survie de tous les Congolais !
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