Augustin Kouyo
10 Mai 2008
La troisième réunion du Cadre permanent de concertation (CPC) a mis au grand jour les difficultés que le gouvernement ivoirien éprouve à réunir les fonds nécessaires au financement du processus électoral.
Le premier tour de l'élection présidentielle fixé au 30 novembre prochain, il faut maintenant trouver l'argent pour tenir les engagements. Et c'est véritablement à ce niveau qu'il y a problème. La troisième réunion du Cadre permanent de concertation (CPC), qui s'est tenue hier à l'hôtel des parlementaires de Yamous-soukro, a tiré la sonnette d'alarme. «Le CPC a relevé des difficultés dans le financement du processus électoral et a réitéré son appel pressant à la communauté internationale pour qu'elle apporte un appui diligent aux efforts déployés par l'Etat de Côte d'Ivoire», note le communiqué de presse qui a sanctionné la réunion, lu par le ministre burkinabé des Affaires étrangères, M. Djibril Bassolé. Il apparaît clairement que, malgré les déclarations de bonnes intentions, la communauté internationale hésite à mettre la main à la poche. Même les 115 milliards de francs CFA annoncés, mercredi dernier, par le représen-tant spécial du secrétaire général des nations unies ne semblent pas avoir suffisamment comblé les attentes des autorités ivoiriennes. D'où la grande inquiétude des membres du CPC qui comprennent bien que l'absence de financement conséquent pourrait être préjudiciable à l'ensemble du processus de paix.
En attendant, le CPC «a invité le gouvernement à étudier, le cas échéant, la possibilité d'organiser des audiences foraines de rattrapage là où le besoin se ferait sentir, sans incidence sur la date de l'élection présidentielle».
Le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara, a récemment déclaré qu'il estimait que c'est seulement la moitié des sans-papiers qui avaient été satisfaits par les audiences foraines qui se sont déroulées sur finalement huit mois au lieu de six. On pourrait penser que cette invitation du CPC vient en réponse à une demande du président du RDR. Tout comme le CPC a également fait droit à une revendication du président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, en exhortant «le premier ministre, le CCI et les forces impartiales à élaborer un plan global de sécurisation du processus électoral». Henri Konan Bédié avait récemment promis à ses militants vivant dans les zones de l'ouest la sécurité totale à l'heure du vote.
Pour le reste, «les membres du CPC se sont réjouis des avancées significatives enregistrées concernant les audiences foraines, le processus électoral, le redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire national et le regroupement des ex-combattants». Ils ont, par ailleurs, recommandé le «démantèlement immédiat des milices, la poursuite du regroupement des ex-combattants et le démarrage sans délai du service civique en vue d'accélérer toutes ces opérations».
Après la lecture du communiqué de presse, le président Compaoré a remercié, au nom des autres membres, tous ceux qui contribuent à ramener la paix en Côte d'Ivoire.
La troisième réunion du CPC a été ouverte aux environs de 11 h 30. Elle a duré deux heures. Elle a enregistré la participation de tous ses membres. A savoir les présidents Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo, le premier ministre Guillaume Soro, le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara, et le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié.
Alassane Ouattara et Guillaume Soro ont été les premiers à arriver à l'hôtel des parlementaires. Suivis d'Henri Konan Bédié. Les présidents Gbagbo et Compaoré sont arrivés sur le coup de 11h 15. Ils ont été accueillis par le premier ministre qu'entouraient les ministres des Affaires étrangères de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. Aussitôt, ils se sont mis au travail. A huis-clos.
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