La Tribune (Algiers)

Le baril dépasse 126 dollars

Radia Djouzi Et Agences

10 Mai 2008


Les observateurs ayant prévu un baril de pétrole à 200 dollars ne se sont apparemment pas trompés. Les turbulences du marché de l'or noir, les conflits géo-politiques au Moyen-Orient et la baisse du dollar face à l'euro ne font que confirmer leurs analyses.

Le baril a dépassé hier, en début d'après-midi, les 126 dollars à New York et à Londres, dans une course folle amorcée par des craintes sur l'offre et nourrie par une intense spéculation. Ainsi, et en l'espace d'une année, les prix du pétrole ont presque doublé, passant de 75 dollars le baril pour atteindre, aujourd'hui, 126 dollars, marquant un bond d'environ 10 dollars en une seule semaine, et ce, malgré un regain de vigueur du dollar cette semaine et une augmentation surprise des réserves américaines. D'après les observateurs, l'origine de cette augmentation historique des prix trouve ses origines dans plusieurs facteurs, dont les sabotages sur les installations nigérianes du groupe pétrolier «Shell», et un regain de tensions géopolitiques entre l'Occident et l'Iran, deuxième producteur au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait servi d'amorce vendredi dernier à cette nouvelle hausse, a rapporté hier l'AFP. Vers 13h05 GMT, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en juin progressait encore de 1,64 dollar à 125,33 dollars, par rapport au record de clôture de 123,69 dollars de jeudi dernier. Après avoir fait tomber la barre des 120, 121, 122, 123 et 124 dollars depuis lundi, le marché new-yorkais du brut continuait sur sa lancée en allant au-delà du seuil symbolique des 125 dollars, tandis que celui de 126 dollars ne devrait pas tarder à être franchi. De nouveaux records se sont inscrits à 125,98 dollars le baril à New York et 125,68 dollars le baril à Londres.

Le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah Salem El Badri, a expliqué, jeudi dernier, que «ces records battus quasi quotidiennement ne s'expliquent pas par un manque de l'offre. Il n'y a clairement pas de manque de pétrole sur le marché». Le Venezuela, acteur clé de l'OPEP, a de plus affirmé, le week-end dernier, que ses réserves prouvées avaient augmenté de 30 milliards de barils par rapport à ses précédentes estimations, à 130 milliards de barils. Cependant, et d'après M. Shum, cette information n'est pas à même de calmer l'envolée des cours, «l'augmentation des réserves prouvées ne signifie pas forcément que la production va augmenter». Pour sa part, M. El Badri a également rappelé la position de l'OPEP selon laquelle la volatilité des cours du baril est uniquement due au développement des marchés financiers et à l'arrivée en masse de fonds spéculatifs sur les marchés pétroliers. A ce sujet, il expliquera que «les remous sur les marchés actions et la considérable dépréciation du dollar ont encouragé les investisseurs à chercher un meilleur rendement du côté des matières premières, et notamment sur les marchés du pétrole, et c'est ce paramètre qui a poussé les cours à la hausse». Une explication qui confirme l'analyse de Victor Shum qui souligne la présente situation du marché de l'or noir actuellement dopé par «l'intérêt des investisseurs» pour les matières premières.

Certains analystes, par contre, favorisent d'autres pistes. L'approche de la saison des grands déplacements estivaux en voiture risque d'exacerber encore davantage les craintes d'une offre trop limitée par rapport à la demande, notamment, car le brut du Nigeria est très apprécié par les Etats-Unis pour être transformé en essence.

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