Algérie: Kherrata s'en souvient dans le recueillement
La Tribune (Algiers)
10 Mai 2008
Publié sur le web le 11 Mai 2008
Kamel Amghar
La ville de Kherrata a abrité, le week-end dernier, les commémorations du 63ème anniversaire des massacres coloniaux du 8 mai 1945. Officiels, partis de l'opposition et mouvement associatif se sont mobilisés pour marquer, chacun à sa façon, cette date douloureuse qui reste toujours gravée dans la mémoire collective. Mohamed Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine, Saïd Abadou, président de l'ONM, le désormais ex-wali de Béjaïa Rachid Fatmi ont présidé les festivités officielles en présence des élus de la région et des autorités locales. Après le dépôt des gerbes de fleurs au lieu-dit Chaabet Lakhera et au cimetière des martyrs de la révolution, la délégation a procédé à l'inauguration du tout récent service d'hémodialyse de l'hôpital de la ville et d'une nouvelle agence de la CNEP.
Au cours d'une collation offerte à la maison de jeunes «Ali Messali», le ministre des Moudjahidine a lu à l'assistance un message du président de la République dans lequel il a appelé l'ensemble du peuple algérien, notamment les jeunes générations, à honorer la mémoire des martyrs de l'indépendance et à exalter leur souvenir. «Il est important que ces pages noires et héroïques de notre histoire soient rappelées aux jeunes Algériens qui sauront ainsi le prix payé par leur peuple pour recouvrer sa liberté, sa dignité et son indépendance», souligne-t-il en rappelant dans le détail l'insoutenable barbarie qui a caractérisé la répression sanglante des manifestations pacifiques du 8 mai 1945. L'occasion sera également saisie par le président Bouteflika pour appeler l'ancienne puissance occupante à reconnaître ses crimes et à assumer l'histoire telle qu'elle s'est produite pour raffermir les liens entre les deux pays souverains et promouvoir la réconciliation entre les deux peuples. «Il est clair cependant que le déni de l'histoire, cet étrange "révisionnisme" qui s'est emparé de certains secteurs de l'opinion française ne contribue pas à approfondir des relations qui devraient privilégier la construction des solidarités du futur», note-t-il en faisant part de la disponibilité de l'Algérie à construire avec ses voisins, dont la France, des rapports de coopération et de partenariat exemplaires. Fidèle au rendez-vous, le FFS a également organisé un meeting populaire à la salle de cinéma de la ville. Le premier secrétaire du parti, Karim Tabbou, le secrétaire national aux droits de l'Homme, Amer Balloul, Mme Bouamama, chargée de la condition féminine, et le P/APW de Béjaïa, Hamid Ferhat, se sont succédé à la tribune pour rappeler les atrocités innommables commises par l'ordre colonial durant tout le mois de mai 1945. Au cours de son allocution, le premier secrétaire du FFS a incité son auditoire à «s'approprier son histoire pour en faire un moteur aux défis qui se posent aujourd'hui au pays», a-t-il dit en rappelant que les martyrs du 8 Mai 1945 comme ceux de la révolution du 1er Novembre 1954 s'étaient battus, avec bravoure, pour que nous puissions vivre aujourd'hui dans la liberté et la dignité. «Ils représentent une référence qui devrait nous éclairer et nous inciter à agir constamment pour l'émancipation de notre peuple et le développement de notre pays», a-t-il tenu à préciser avant de s'étaler sur les revendications de son parti pour le respect des libertés démocratiques et la promotion de la transparence dans la gestion des affaires et des biens publics. La fondation du 8 Mai 1945, les scouts musulmans d'Algérie [SMA], le mouvement sportif, les associations culturelles ont été également de la partie à cette même occasion. Des expositions, des tournois sportifs, des concours de chant patriotique et de dessin, des conférences, des témoignages et des tables rondes figurent au programme des festivités, entamées le 16 avril dernier.