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Sénégal: 70ème Prix Albert Londres - le jury choisit les lauréats demain
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Le Potentiel (Kinshasa)
10 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008
Kinshasa
Le 70ème Prix Albert Londres de la presse écrite et le 24e du même nom de la presse audiovisuelle seront décernés ce 10 mai, pour la première fois, à Dakar. Aussi figure, parmi les candidats au prix Albert Londres, une dizaine de journalistes du Sénégal, du Bénin et du Burkina Faso.
Le jury du Prix Albert Londres 2008 délibère. Les résultats seront rendus publics ce samedi au cours d'une cérémonie 'festive' à la Chambre de commerce de Dakar. L'édition de cette année pourrait sacrer un journaliste africain. Ce serait alors une première dans l'histoire de ce concours créé en 1933. Sur les 24 prétendants, l'Afrique francophone est très représentée, avec une dizaine de candidats, dont des Sénégalais.
Au cours d'un point de presse tenu à l'Institut français de Dakar, Serge Michel, membre du jury - qui se réunit pour la première fois dans une capitale africaine - a indiqué que 'des mesures ont été prises pour encourager la participation africaine, même si cela ne présage pas du résultat', car, précise-t-il, 'seules les qualités d'écriture et d'enquête sont appréciées'. Jusque-là, les médias africains étaient absents du concours, alors que les conditions d'admission sont uniquement liées à l'âge (moins de 40 ans) et à la langue (être francophone).
La capitale sénégalaise est choisie pour abriter cet événement dans un souci de 'décentralisation', mais également parce que 'le jury souhaite continuer à creuser le sillon de la francophonie, après Beyrouth en 2007, et a exprimé le désir de remettre ses prix 2008 en Afrique, où Albert Londres écrivit un de ses livres mythiques, Terre d'ébène'. A cet égard, Dakar a semblé 'le choix le plus symbolique, en raison du rayonnement culturel de cette ville pour l'Afrique et la francophonie'. La cérémonie de remise des récompenses se déroulera le samedi 10 mai à la Chambre de Commerce, en présence de l'ambassadeur de France à Dakar Jean-Christophe Rufin et du ministre de l'Information Abdou Aziz Sow. Pour l'occasion, 'un programme inhabituel' a été préparé avec la participation de musiciens traditionnels et de 300 invités', annonce Serge Michel.
En prélude à la cérémonie, une série d'activités est prévue, dont des conférences publiques sur les médias à l'Université de Dakar, une formation aux techniques d'investigation en journalisme au profit des étudiants du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (Cesti) ainsi que des émissions télévisées relatives aux oeuvres d'Albert Londres. Créé en 1933, par Florise Martinet-Londres pour la mémoire de son père, le Prix Albert Londres est considéré comme l'une des plus prestigieuses récompenses par les médias francophones. Il est doté d'une enveloppe de 3 000 euros. Les derniers lauréats sont trois journalistes du quotidien français Le Monde : Anne Poiret, Gwenlaouen Le Gouil et Fabrice Launay.
ALBERT LONDRES : UN MYTHE DU JOURNALISME
Né à Vichy en 1884, Albert Londres commence dans le métier du journalisme par de petits boulots. Ses articles n'étaient alors même pas signés. Après avoir fait ses classes comme échotier parlementaire, il signe son premier article en 1914. Ce fut le coup d'envoi d'une carrière exemplaire qui lui fit parcourir le monde en long, en large et surtout en travers. Et lorsque qu'éclate la seconde guerre mondiale, Albert Londres devient correspondant de guerre. Le 21 septembre 1914, il publie un article qui fera sensation et qui le mettra définitivement sur les rails du grand reportage : 'Le récit du bombardement de la Cathédrale de Reims par les Allemands'. L'homme qui, parlant du journalisme, disait 'notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie', a fait pendant 18 ans le tour du monde sans souffler. Il ne posait sa valise que pour voir sa fille et ses parents, à Paris et à Vichy, ses escales préférées.
De la grande guerre, à la révolution russe, en passant par la traite des Noirs, tout intéressait Albert Londres qui avait des capacités descriptives exceptionnelles. 'Reporter hors-pair, il a su donner ses lettres de noblesses à une profession qui expédie, de par le monde, charognards impénitents, vagabonds internationaux et flâneurs salariés du reportage au long cours', salue Pierre Assouline dans son livre consacré au célèbre reporter.
En 1932, Albert Londres effectue son dernier voyage en Chine, un voyage pour l'éternel. Il périt lors de l'incendie du paquebot George Philippar, emportant avec lui une enquête explosive dont il ne révélera rien à personne. Pour sa mémoire, sa fille Florise Martinet-Londres a créé, un an après sa mort, le prix qui porte son nom.
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WALF FADJRI/DAKAR
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