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Cameroun: Evocation - Sons dissonants de la Socinada à la Cmc
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Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
12 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008
Justin Blaise Akono
La mutation de l'une à l'autre société a gardé la même ambiance belliqueuse et les mêmes travers.
L'on se souvient de la création de la Société camerounaise du droit d'auteur (Socadra), instituée par le décret N°79/392 du 22 septembre 1979. Des artistes tels que Tom Yom's furent même inspirés par la crise au sein de cette structure et demandèrent, par le biais des chansons, qu'elle soit dissoute. La société civile nationale du droit d'auteur (Socinada) naît des cendres de la Socadra le 23 novembre 1990 elle a à sa tête Esso Essomba et procède à ses premières répartitions deux ans après, en 1992. Les artistes vont encore déchanter. En 2001, la Socinada a vécu, avec le dépôt de bilan qui donne lieu à des administrations séquestres et finalement à une liquidation judiciaire. Cette liquidation menée par Sam Mbendé prend fin le 6 juin 2005. La Socinada avait un passif de un milliard 420 millions de Fcfa au moment de sa liquidation, avec un actif à récupérer de 550 millions Fcfa dont seulement 254 millions Fcfa seront recouvrés. Un échec, selon des observateurs avertis.
La fin de la Socinada consacre aussi la fin du tronc commun avec, à la fin, la scission du droit d'auteur en différents domaines spécifiques. Dans le domaine musical, les auteurs compositeurs s'illustrent par leur division au moment de proposer un projet pour une nouvelle structure. Au départ, les musiciens proposent quatre structures : la Socim (Grâce Decca, Ebogo Emerent, Jean Pierre Essome, Guy Lobe, Moni Bile, Govinal Essomba...), la Socadrom (Ekambi Brillant, Ze Bella, Beko Sadey, Elvis Kemayou...), l'Association des musiciens de la diaspora camerounaise (Manu Dibango, Jacky Toto, Mbida Douglas, Marcel Tchahe, Sissi Dipoko, Ndedi Eyango etc.) et le Sycapem ( Ndata Edmond).
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Les batailles sont presque épiques entre la Socim et la Socadrum. La tutelle entre dans la danse pour siffler la fin des combats des gladiateurs. Le 30 août 2003, lors d'une sortie médiatique, le ministre d'Etat Léopold Ferdinand Oyono tire la sonnette d'alarme en indiquant qu'il allait "violer la loi, soucieux, comme il l'avait soutenu, de l'intérêt général et déterminé à trouver un dénouement à une situation de flou savamment orchestrée pour servir des intérêts obscurs", avait révélé le journal Mutations. Bien avant lui, une commission technique avait étudié les dossiers de la Socim et de la Socadrom et était arrivée à la conclusion que les deux sociétés n'étaient pas aptes à bénéficier d'un agrément. Car, les "deux candidatures ne satisfaisaient pas aux attentes du ministre d'Etat", peut-on encore lire dans Mutations du 4 septembre 2003.
Le 3 septembre 2003, c'est finalement la Cameroon music corporation (Cmc) qui sera retenue comme structure "consensuelle". A sa tête, des artistes proches de la Socadrum. Ce qui sera perçu comme victoire de celle-ci sur la Socim. A l'appel du chef de l'Etat Camerounais Paul Biya, le célèbre saxophoniste Manu Dibango, qui va constituer la troisième voie, sera porté à la tête du conseil d'administration de la société. Mais, la vie à la Cmc n'est pas un long fleuve tranquille. En mars 2005, après des mises en garde et la demande de la convocation d'une assemblée générale, le ministre de la Culture Léopold Ferdinand Oyono retire l'agrément accordé à la Cmc. La pomme de discorde restant toujours le problème financier.
Le 08 avril 2005, ce sont les Etats généraux de la musique camerounaise qui vont précéder l'élection le lendemain de Sam Mbendé et de sa liste à la tête de la Cameroun Music Corporation. Exploit qu'il a réédité samedi 10 mai 2008, seul candidat en lice parmi les quatre annoncés. Comme lors de l'installation de Manu Dibango le 3 septembre 2003, l'on se souvient que Sam Mbende, Roméo Dicka et Grâce Decca n'étaient pas présents au Palais des Congrès de Yaoundé, site de l'événement, où se trouvaient une trentaine de personnes directement invitées par le ministère de la Culture.
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