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Sénégal: Albert Londres, le journaliste qui donna au reportage ses lettres de noblesse


 

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Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

10 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008

Dakar

Le nom de Albert Londres demeure un mythe dans l'histoire de la presse francophone. Cherchant à être poète, Londres a fini journaliste, donnant ainsi ses lettres de noblesse à cette profession, grâce à la magie du reportage.

Cinq journalistes français (un en presse écrite, quatre dans la catégorie audiovisuelle) se sont vus attribuer samedi le Prix Albert Londres qui récompense les meilleurs journalistes de la presse francophone.

Albert Londres signe son premier article en 1914. A partir de cette date, il va mener une carrière exemplaire qui lui a permis de parcourir le monde.

Il s'est illustré dans la couverture de la première guerre mondiale sur tous ses fronts stratégiques, la Révolution russe, le Tour de France cycliste, le scandale du bagne de Cayenne.

Il a également porté un témoignage sur les bataillons disciplinaires d'Afrique du Nord et la condition des aliénés dans les asiles de France, Marseille la nouvelle Babel et l'évasion du forçat Dieudonné, la Traite des Noirs en Afrique et la Traite des Blanches en Argentine, les pêcheurs de perles de Djibouti et les terroristes dans les Balkans, etc.

Selon le journaliste Pierre Assouline dans "Albert Londres, vie et mort dans un grand reporter", son confrère "n'explique pas, il montre. Ne démontre pas, mais raconte. C'est sa force."

Albert Londres n'avait presque pas de répit. Il ne posait sa valise que pour voir sa fille et ses parents, à Paris et à Vichy, ses escales préférées. Il en fut ainsi jusqu'au dernier voyage qui le mena en Chine en 1932 pour une enquête explosive dont il ne révéla rien à personne. Il emporta son secret avec lui, sur la route du retour, en périssant lors de l'incendie du paquebot George Philippar.

Albert Londres est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Au bagne" paru en 1924, "Mourir pour Shanghai", "Terre d'ébène" (1929), "La Chine en folie" (1925), "L'homme qui s'évada" et "Le juif errant".

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Publié en 1929 aux éditions Albin Michel, "Terre d'ébène", grand récit du reporter français sur la vie dans les colonies de l'Afrique occidentale française (AOF) et l'Afrique équatoriale française (AEF) est jugé également plein de préjugés racistes sur les Noirs.

Des écrits sur lui sont également disponibles : "Grand reportage, les héritiers de Albert Londres", "Albert Londres : vie et mort d'un grand reporter" de Pierre Assouline, "Shanghai, dernières nouvelles : la mort d'Albert Londres" de Régis Debray, etc.

Son mot d'ordre était : "notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie".



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