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Côte d'Ivoire: Un nouvel espoir pour les enfants séropositifs de Bouaké


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12 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008

Bouaké

Assis sous la paillote érigée dans la cour du centre pédiatrique Ariel Glaser à Bouaké, en Côte d'Ivoire, des enfants de tous âges jouent avec l'animatrice pendant que d'autres mangent le repas préparé par la cuisinière du centre, sous l'oeil des mamans ou parentes qui les accompagnent.

Inauguré en août 2007, cet espace, géré par le Centre de solidarité et d'action sociale (CSAS), qui fait de la prise en charge du VIH/SIDA à Bouaké, dans le centre du pays, a été mis en place pour répondre à un besoin croissant.

« Dès les débuts du [CSAS, en 1995], notre première préoccupation était les enfants, on entendait les patients [séropositifs] dire "mon enfant ne va pas à l'école, il est malade" », a expliqué Penda Touré, directrice du centre. « On perdait beaucoup d'enfants [séropositifs] parce qu'on pouvait seulement soigner les infections opportunistes [liées au VIH] ».

En 2000, le Centre hospitalier universitaire de Yopougon, un immense quartier populaire de la capitale économique ivoirienne Abidjan, située à quelque 300 kilomètres au sud de Bouaké, a ouvert un service spécialisé dans la prise en charge des enfants séropositifs, y compris aux antirétroviraux (ARV) pédiatriques.

« Pour les parents qui pouvaient, on essayait de les envoyer à Abidjan, mais c'était quatre, cinq enfants seulement », a dit Mme Touré.

De plus en plus d'enfants venaient se faire dépister au centre de Bouaké, avec les adultes, a-t-elle raconté. « Quand les enfants avaient des épisodes de maladie, on proposait à leurs parents de les faire dépister, mais on avait peur aussi de susciter le test et de ne rien pouvoir faire ensuite. Voir partir son enfant, c'est horrible ».

Peu à peu, le centre a pu trouver des financements pour lancer des projets destinés aux enfants, et en 2007, grâce au financement de la Fondation Elizabeth Glaser pour le sida pédiatrique, le centre pour enfants a ouvert ses portes.

L'impact de la crise

Aujourd'hui, le centre pédiatrique suit une cohorte d'environ 200 enfants, infectés ou affectés par le VIH, dont 80 sont sous ARV. Les soins qui sont dispensés à ces enfants, quel que soit leur statut sérologique, sont entièrement gratuits jusqu'à 18 ans, un facteur qui compte énormément dans une ville durement éprouvée par des années de crise politique.

...Quand les enfants avaient des épisodes de maladie, on proposait à leurs parents de les faire dépister, mais on avait peur aussi de susciter le test et de ne rien pouvoir faire ensuite. Voir partir son enfant, c'est horrible ...

« Quand le test de dépistage de l'enfant est positif, la première inquiétude des mamans est de savoir comment soigner l'enfant et combien ça coûte. La question du coût revient tout le temps », a noté Mah Awa Lohoua Cissé, conseillère psychologique et sociale du centre.

Une inquiétude due à la paupérisation des populations de Bouaké, deuxième ville du pays devenue fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles après le lancement de l'insurrection armée en 2002, qui a coupé le pays en deux : de nombreuses entreprises ont fermé leurs portes, des habitants sont partis et l'emploi se fait rare.

« Certains enfants ont perdu leurs parents, à cause de la crise et du VIH, ils sont traumatisés », a dit Mme Lohoua Cissé. « Pour d'autres, les mères n'ont pas les moyens de payer des soins, elles essayent de monter des petites activités [génératrices de revenus] mais même quand elles y arrivent, ça ne marche pas ».

C'est le cas de Jacqueline*, mère de quatre enfants et actuellement enceinte du cinquième. Avant la crise, elle allait chercher des légumes dans les villages alentours de Bouaké pour les revendre en ville. « Pendant la crise, on ne pouvait pas se déplacer, je ne pouvais plus faire mon commerce, alors j'ai utilisé l'argent qui restait pour manger. Aujourd'hui, je n'ai plus rien, même plus de quoi remonter une petite activité ».

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Jacqueline, qui a découvert sa séropositivité après la naissance de son plus jeune fils aujourd'hui âgé de quatre ans, vient régulièrement au centre pédiatrique avec son dernier, dépisté négatif. Elle ne survit que grâce aux dons et au soutien du centre, depuis que sa soeur, chez qui elle vivait depuis la mort de son premier mari, a décidé de ne plus l'aider en apprenant sa nouvelle grossesse.

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