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Burkina Faso: 3è réunion du cadre permanent de concertation en RCI
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Sidwaya (Ouagadougou)
12 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008
Issa SOMA
Yamoussoukro
Des réglages pour une sortie définitive de crise
Alors que les propos de l'épouse du chef de l'Etat ivoirien, Simone Gbagbo la semaine précédente avaient créé un regain de tension, c'est dans une ambiance plutôt apaisée, marquée par une tendance quasi-générale à la décrispation, que s'est déroulée à l'Hôtel des parlementaires à Yamoussoukro, le vendredi 9 mai 2008, la 3è réunion du Cadre permanent de concertation (CPC) de l'Accord politique de Ouagadougou (APO).
Cette concertation est jugée capitale par les acteurs politiques et la société civile ivoirienne. Elle se tient à six mois de l'élection présidentielle de novembre. Le président Compaoré a donné le ton en arrivant, jeudi 8 mai 2008 en début d'après-midi, à Yamoussoukro, capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire.
Le facilitateur du dialogue inter ivoirien a déclaré, peu après son arrivée, qu'il faut converger vers des propositions à même de consolider les acquis et préparer l'avenir avec sérénité. "Aujourd'hui, il n'y a pas de doute que nous allons nous mobiliser pour faire en sorte que cet engagement soit tenu", a-t-il dit, précisant que la détermination de sortie de crise à tous les niveaux, permet de penser raisonnablement que la date du 30 novembre sera une bonne date.
Pour cette 3e réunion, le CPC chargé de veiller à l'application de l'Accord politique de Ouagadougou (APO) a affiché complet. Autour de la table de concertation, il y avait le président Laurent Gbagbo, le Premier ministre, Guillaume Soro, les deux ténors de l'opposition à savoir Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d'Ivoire/Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA), Alassane Dramane Ouattara du Rassemblement des républicains (RDR) et le facilitateur du dialogue direct inter ivoirien, Blaise Compaoré, également président en exercice de la CEDEAO. En somme, tous les membres statutaires du CPC étaient au grand complet en vue de trouver des solutions idoines pour accélérer le processus. A la lecture du communiqué final par le ministre burkinabé des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibrill Bassolé, ont se rend rapidement compte que le CPC sous la présidence du facilitateur s'est recentré sur l'essentiel pour une avancée «rapide» du processus vers une sortie de crise en Eburnie.
Les membres du CPC ont recommandé au gouvernement ivoirien, le démarrage «rapide» de l'opération de reconstitution des registres de l'état civil perdus ou détruits. «Cette reprise, a prévenu le communiqué final, devra se dérouler dans le respect des dates et délais prévus prenant en compte les échéances électorales». C'est pourquoi, le CPC a invité le gouvernement à étudier la possibilité d'organiser des audiences foraines de rattrapage qui n'auront pas d'incidence sur la date de l'élection présidentielle. Sur la préparation du processus électoral, les membres du CPC ont donné acte des actions réalisées à la Commission électorale indépendante (CEI), tout en l'encourageant à persévérer dans les efforts en vue de l'organisation d'élections libres, justes et transparentes. Cette recommandation n'est plus ni moins qu'une insistance car à la 2e réunion du CPC tenue le 24 janvier 2008 à Ouagadougou, les membres avaient aussi accordé la priorité au processus électoral afin de garantir à la Côte d'Ivoire, des élections ouvertes, libres, démocratiques et transparentes susceptibles de consolider la paix et la réconciliation nationales.
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Les membres du CPC ont salué l'adoption d'un code de bonne conduite et invité les partis politiques à son respect scrupuleux, tout en exhortant tous les acteurs concernés à s'investir pleinement pour l'organisation des élections dans un climat serein. «(...) Le processus engagé est serein et (...) nous allons inévitablement aboutir à une sortie de crise et surtout cet objectif du 30 novembre est pour nous une référence capitale», a dit le facilitateur à la fin des travaux.
115 milliards de francs de la communauté internationale pour répondre au besoin de financement du processus
Les questions du financement du processus et de la sécurisation des élections ont été préoccupantes le long de la rencontre. Le CPC a lancé un appel «pressant» à la communauté internationale pour qu'elle apporte un appui «diligent» aux efforts déployés par l'Etat de Côte d'Ivoire. Cet appel semble avoir trouvé un écho favorable puisque le patron de l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), Young-Jin Choi a annoncé, vendredi dans la matinée à Yamoussoukro à l'issue d'une audience avec le facilitateur, que l'ensemble de la communauté internationale a préparé un fonds d'un montant de 115 milliards de F CFA pour la sortie de crise et les élections. La clé de répartition de cet appui est la suivante : 11 milliards de F CFA de ce montant global seront consacrés à l'organisation de l'élection présidentielle du 30 novembre tandis que le reste du pactole à savoir 104 milliards de F CFA, servira à financer le programme de sortie de crise. Le diplomate onusien a aussi ajouté que l'ONUCI entend financer deux opérations, l'une relative à 100 projets d'impact rapide et l'autre à 1000 micro-projets. «Nous allons accélérer le lancement de ces projets pour qu'ils puissent être exécutés, épuisés avant la fin de l'année 2008», a rassuré le patron de l'ONUCI.
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