Mouhcine Abou Nada
10 Mai 2008
"La Reine Soleil" ouvre le bal
Le long-métrage français «La Reine Soleil», du réalisateur français Philippe Leclerc, a ouvert jeudi soir le bal de la 8ème édition du Festival international du cinéma d'animation de Meknès (FICAM-2008), initiée du 8 au 16 mai par l'Institut français de la cité ismaïlienne. D'après un roman de Christian Jacq, «La Reine Soleil » relate l'histoire d'Akhesa, une ravissante princesse de 14 ans, qui est loin d'imaginer qu'elle règnera un jour sur l'Egypte.
Lorsque son aventure commence, l'impétueuse jeune fille se rebelle contre son père, le pharaon Akhenaton. Elle refuse de vivre confinée dans l'enceinte du palais royal et veut découvrir pourquoi sa mère, la reine Nefertiti, est partie s'exiler sur l'île d'Eléphantine.
Akhesa s'enfuit avec l'aide du prince Thout, dans l'espoir de retrouver sa mère. Au mépris du danger, les deux adolescents voyagent alors des rives du Nil aux dunes brûlantes du désert, et affrontent avec courage le mercenaire Zannanza et les prêtres qui complotent pour renverser le pharaon.
Avec leur innocence comme seule arme, Akhesa et Thout surmonteront de nombreuses épreuves, et connaîtront ensemble un destin extraordinaire.
Pour le réalisateur Philippe Leclerc, il s'est dit « passionné dans ce projet » par l'art graphique, la beauté de l'art égyptien, et la mystique de cette époque antique, et intéressé « davantage au personnage d'Akhenaton, à son androgynie, à sa folie ».
« J'ai également essayé de dépeindre Akhesa comme une jeune fille d'aujourd'hui, qui se sent perdue à la suite de la séparation de ses parents. Akhesa voit son père se couper de la réalité, et souffre de l'absence de sa mère. Comme tous les enfants qui se retrouvent dans ce cas, elle tente de réunir ce couple brisé », a précisé Philippe Leclerc qui a appris la pratique du cinéma d'animation dans les années 70, à l'Ecole des Beaux-Arts de Reims.
D'après les scénaristes Gilles Adrien et Hadrien Soulez Larivière, « toute adaptation d'un livre en scénario est une sorte de -trahison-, dans la mesure où il faut prendre les éléments dynamiques d'un récit et les transposer en images ».
« Le livre de Christian Jacq était très bien documenté, et traitait d'une période charnière de l'histoire de l'Egypte antique, celle du règne d'Amenophis IV, que l'on connaît sous le nom d'Akhenaton. C'était une époque très riche dans les domaines artistiques, mystiques et militaires », ont-il précisé.
Selon eux, l'histoire que raconte Christian Jacq se déroule sur toute une vie. « Nous avons choisi une situation décrite dans l'un des premiers chapitres, celui où la jeune Akhesa rejoint sa mère Nefertiti qui vit recluse loin du palais. Cela nous permettait de construire un parcours initiatique autour d'un voyage à travers toute l'Egypte, de l'ancienne Thèbes aux confins du désert ».
Dans ce long-métrage, les scénaristes ont cherché les enjeux les plus importants dans les éléments d'intrigue, afin que les spectateurs puissent s'identifier aux personnages principaux.
Pour l'égyptologue et l'écrivain du roman Christian Jacq, l'histoire est « inspirée des vrais rapports de pouvoir et de puissance ».
Et d'ajouter que pour l'écriture de « La Reine Soleil », qui a nécessité plus d'un an pour réunir la documentation spécifique, « Je me suis d'abord posé des questions sur l'époque tourmentée d'Akhenaton et de Nefertiti, et je me suis rendu compte que l'on ne parlait presque jamais de leurs six filles. L'une d'entre elles, Akhesa, a vécu des événements graves et passionnants. C'était un destin splendide et fulgurant. J'ai trouvé là l'occasion de brosser un portrait d'une femme assez extraordinaire».
Né à Paris en 1947, Christian Jacq publie à 21 ans un essai sur les liens entre l'Egypte ancienne et le Moyen Age. Il a entrepris des études d'archéologie et d'égyptologie, et obtient un doctorat d'égyptologie à la Sorbonne.
Christian Jacq publie une vingtaine d'essais, dont L'Egypte des grands pharaons, qui est récompensé par l'Académie française. Il devient producteur délégué à France-Culture, et travaille sur l'émission Les Chemins de la connaissance.
Son roman Champollion l'Egyptien remporte un énorme succès en 1987 et change alors sa vie. C'est l'année suivante que paraît La Reine Soleil, (Editions Julliard, 1988) récompensé par le Prix Jean d'Heurs du roman historique.
L'Affaire Toutankhamon obtient ensuite le Prix des Maisons de la presse en 1992, et la trilogie Le Juge d'Egypte reste sur la liste des best-sellers en 1993 et 1994 , totalisant plus de 300.000 exemplaires vendus.
En 1995, Christian Jacq entreprend de raconter la vie de Ramsès en cinq volumes.
Avec 650.000 exemplaires du premier tome, Le Fils de la lumière, seront vendus en France. L'ensemble de la saga sera vendu à 11 millions d'exemplaires dans le monde.
En 2000, son nouveau roman en quatre volumes, La Pierre de Lumière est traduit en vingt-trois langues et tiré à cinq millions d'exemplaires.
Christian Jacq est aujourd'hui le romancier français vivant le plus vendu dans le monde.
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