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Maroc: L'économie marocaine pourrait résister aux chocs extérieurs
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Libération (Casablanca)
10 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008
ACHIR KARIM
Les prévisions conjoncturelles du Haut Commissariat au Plan
En dépit d'une conjoncture globalement peu favorable (crise financière internationale et une production céréalière insuffisante), l'économie marocaine bénéficie de certains ressorts pour se maintenir sur les sentiers de la croissance. Les conjoncturistes du Haut Commissariat au Plan (HCP) tentent de cultiver l'espoir, tout en mettant en perspective les risques qui menacent l'équilibre des fondamentaux macro-économiques.
Ainsi, selon le HCP, la résistance actuelle de l'économie marocaine aux influences négatives de l'environnement international trouve son origine, essentiellement, dans les apports de compensation des prix de l'énergie et le dynamisme des activités marchandes hors agriculture. Il s'agit, en particulier, des secteurs de la construction, des industries métalliques, mécaniques et électroniques et des activités d'exportation portant sur les biens de consommation et les demi-produits. La promotion des activités touristiques, l'extension des infrastructures publiques structurantes et la promotion immobilière au profit des classes sociales modestes pourraient offrir des opportunités d'investissement à l'abri des perturbations de la conjoncture internationale.
Les analystes du HCP estiment que la diffusion des fluctuations conjoncturelles, anticipées pour ce début 2008, milite pour un maintien de la croissance dans son sentier ascendant, avec une probable inflexion du rythme d'évolution en fin de période. La valeur ajoutée hors agriculture aurait crû, en glissement annuel, de 5,6% au premier trimestre et pourrait se poursuivre au deuxième trimestre à un rythme, légèrement inférieur, soit environ 5,2%.
Dans sa lettre des prévisions conjoncturelles, le HCP note que les perspectives, pour ce début de l'année 2008, semblent s'inscrire dans une conjoncture globalement peu favorable : une agriculture qui continue de subir les effets d'un niveau de pluviométrie encore insuffisant et une répartition à la fois spatiale et temporelle peu équilibrée (la production céréalière, pour la campagne agricole 2007-2008, est estimée à 50 millions de quintaux, en dessous de 18% par rapport à une année normale), une conjoncture internationale qui se dégrade, de plus en plus, à la suite de la crise financière que connaissent les Etats-Unis et ses répercussions sur l'Europe et le reste du monde, des révisions de croissance à la baisse, pour situer, entre autres, celles-ci à 1,3% pour les pays industrialisés et à 5,6% pour le commerce mondial.
Sur le front de l'inflation, le HCP considère que la hausse continue des prix de l'énergie et le renchérissement des matières premières minérales et alimentaires accroissent les coûts des facteurs de production et contribuent au renforcement des tensions inflationnistes au niveau national. Ainsi, l'indice des prix de détail à la consommation a augmenté, en glissement annuel, de 3,2% au mois de mars 2008; les "produits alimentaires hors frais" y ont contribué pour 1,7 point.
Cela dit, pour ce début 2008, la dégradation continue de l'environnement extérieur de l'économie marocaine (ralentissement de la croissance dans la plupart des pays avancés et, en particulier en Europe, principal partenaire du Maroc) , est de nature à pénaliser plusieurs secteurs qui sont en forte liaison avec l'extérieur. A commencer par les exportations qui pourraient subir les effets d'un ralentissement de la demande européenne. En parallèle, les importations souffriraient des prix élevés du pétrole et des produits alimentaires sur les marchés internationaux. Le secteur du tourisme pourrait, pour sa part, connaître un reflux des effecctifs, en raison du recul des revenus réels des ménages étrangers. Les prix intérieurs devraient aussi être touchés, à la suite de la hausse de l'inflation importée qui pourrait, toutefois, être atténuée par l'appréciation que connaît le taux de change du dirham par rapport au dollar, monnaie dans laquelle sont libellés la plupart des produits importés.
Création nette de 74.000 emplois
Entre le 1er trimestre de l'année 2007 et la même période de 2008, quelque 74 mille emplois nets ont été créés et le taux de chômage a reculé pour s'établir à 9,6% au niveau national contre 10,1% une année auparavant et à 14,7% contre 15,9% en milieu urbain. Selon le HCP, 325.000 postes d'emplois rémunérés ont été créés au cours de la période (152.000 dans les villes et 173.000 dans les campagnes). A l'inverse, l'emploi non rémunéré a baissé de 251.000 postes (233.000 postes en milieu rural et 18.000 postes en milieu urbain).
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Le volume global d'emploi est passé ainsi, entre les deux périodes, de 10.121.000 à 10.196.000, soit une création nette d'emplois (rémunérés et non rémunérés) de 74.000 postes (134.000 postes créés dans les villes contre une perte de 60.000 postes en zones rurales).
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