Le Soleil (Dakar)

Afrique: Education en Afrique - Le tournant à Maputo

Mamadou Lamine Badji

10 Mai 2008


Maputo fera certainement date dans le travail pour le développement de l'éducation en Afrique sous la houlette de l'Adea.

L'Association pour le développement de l'éducation en Afrique Association internationale éducative fête ses vingt ans au moment de démarrer le 1er plan stratégique à moyen terme (2008-2012) présenté lors de sa 8ème biennale qui se déroule du 5 au 9 mai dans la capitale du Mozambique.

Cette nouvelle orientation à une période de maturité couronne certes un développement ponctué de « gloire et de réalisations » dans la promotion de l'éducation en Afrique, de l'avis du président du Mozambique Armando Guebuzo. Mais, requiert un redoublement des efforts, a-t-il indiqué à l'ouverture lundi des travaux au Centre international de conférence de Maputo. « Nous demandons des solutions africaines aux problèmes africains », a insisté M. Guebuzo aux près de 600 ministres de l'éducation du continent, experts, acteurs du secteur, etc. Lesquels s'attèlent à donner de nouvelles orientation notamment à l'éducation post-primaire sur fond d'élargissement de l'éducation de base à 9-10 ans d'études (contre environ une moyenne de 6 ans et 12 ans pour les pays développés) en y incluant le premier cycle de l'enseignement moyen (collège). S'y greffe la nécessité de l'articulation entre le deuxième cycle secondaire et de l'enseignement supérieur en vue de la formation des ressources humaines pour le développement des pays du continent.

En outre, les participants vont partager, discuter voire enrichir les expériences « réussies » ayant fait l'objet de plus 120 études et recherches produites à cet effet, selon le secrétaire exécutif sortant de l'Adea, Mamadou Ndoye. L'enjeu, a-t-il expliqué, est de permettre aux décideurs politiques et techniques des pays, en partenariat avec les bailleurs de fonds et la société civile, de disposer des éléments de réponses au défi du développement des compétences pour « mieux préparer les jeunes à l'insertion socio-professionnelle ».

Au fond, « c'est une question d'urgence et de survie en tant qu'Etats, car les jeunes sont l'avenir du pays » a fort justement relevé le ministre de l'Education et de la Culture du Mozambique, Aires Bonifacio Ali. Son pays accueille la première manifestation du genre organisée dans un pays lusophone. Cette dynamique d'implication de toutes les aires géographiques et socio-cultuelles dans le processus de développement de l'éducation en Afrique a été renforcée par l'intégration des pays arabes d'Afrique du Nord. Jusque-là, ils n'étaient que marginalement partie prenante, notamment à travers la présentation de leurs pratiques réussies en matière d'éducation.

Par ailleurs, cette présente biennale survient juste avant le transfert du secrétariat de l'Adea au siège de la Banque africaine de développement (Bad). C'est un signal fort d'une plus grande appropriation des questions de développement de l'éducation par l'Afrique. Il est d'autant plus marqué que l'Union africaine à fait appel à l'expertise de l'Adea pour mettre en oeuvre son deuxième plan décennal (2006-2015) de développement de l'éducation entériné en septembre 2006 par les ministres en charge du secteur.

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