Fara Sambe
10 Mai 2008
En dépit de l'appel à la solidarité autour d'un produit aussi sensible que le riz, certains commerçants mal intentionnés tentent de réexporter le produit sénégalais subventionné à hauteur de 50F le kilo pour aller gagner jusqu'à 380 francs sur le marché mauritanien où il est plus cher. Il n'y a ni rupture, ni risque de pénurie à l'horizon, selon les autorités du ministère du Commerce et de l'ARM.
L'information est de taille. La direction du commerce intérieur a fait état hier, d'une tentative d'exportation frauduleuse de 67 tonnes de riz brisé parfumé vers la Mauritanie. D'où un bref point de presse dans les locaux situés sur la Rue Parchappe, consacré à ce que le ministre Mamadou Diop Decroix a appelé le front du riz. En présence du directeur Amadou Niang et de l'administrateur de l'Agence de régulation de marchés (ARM), M. Alioune Cissé, les journalistes ont en fait eu droit à des éclaircissements sur la situation réelle gangrenée par certains commerçants mal intentionnés, selon M. Diop, parce que le riz brisé parfumé vendu au Sénégal à 280 F Cfa grâce à la compensation, peut rapporter une fois exporté en Mauritanie 380 F Cfa au kilogramme, compte tenu des 50 francs de la subvention et du prix au détail dans ce pays. C'est pourquoi d'ailleurs, comme l'explique Amadou Niang, deux niveaux de contrôle sont nécessaires, avant le paiement de la compensation : la facturation et à la réception.
C'est ainsi qu'en pistant la commande suspecte d'un certain commerçant dont l'identité n'a pas été révélée, deux camions ont été saisis jeudi et hier vendredi alors qu'ils faisaient route vers ce voisin du Nord avec une cargaison de respectivement 35 et 32 tonnes de riz brisé parfumé, révèlera Amadou Niang avant de conduire une visite dans les locaux du service à la Médina. Ces manoeuvres frauduleuses dénoncées par le Ministre du Commerce qui avait appelé au patriotisme, continueront d'être combattues à travers le plan opérationnel de surveillance.
On ne peut faire d'omelettes sans caser des oeufs pourrait-on dire, puisque c'est le dispositif de contrôle à 2 niveaux ayant permis d'éventer la fraude, qui explique les retards dans le paiement des compensations aux importateurs. Le directeur du commerce intérieur a ainsi clarifié cette polémique qui tient au fait que les dossiers sont traités sur une base hebdomadaire. A l'issue d'une réunion entre le Mamadou Diop Decroix et son homologue du Budget, il s'avère que pour la semaine du 12 au 19 avril, après réception du sommier des factures et après réception (vente effective), le traitement des dossiers bouclé, 400 millions de FCFA ont déjà été versés. Les dossiers de la semaine du 19 au 26 avril ont suivi le même circuit et les paiements devraient être effectifs cette semaine selon M. Niang. Ceux du 26 avril au début mois de mai suivent, ainsi de suite.
Ce fut au tour de l'administrateur de l'Agence de régulation des marchés (ARM) de lever certaines équivoques quant à la disponibilité de la denrée vedette des sénégalais. Selon M Alioune Cissé qui est revenu sur l'une des missions de l'ARM quant au maintien d'un stock de régulation pouvant assurer 3 mois de consommation, soit 150 000 tonnes, toutes variétés confondues, le pays n'a jamais disposé d'autant de riz en magasin qu'à l'heure actuelle. L'administrateur de l'ARM estime à 142 178 tonnes les stocks répartis entre les importateurs (plus de 52 000 tonnes de brisé parfumé et 13 800 tonnes de brisé non parfumé) et les entrepositaires (59 900 tonnes). C'est dire qu'il n'y a ni rupture, ni risque de pénurie. L'unique menace viendrait des spéculateurs qu'il faut surveiller comme du lait sur le feu. Le plan opérationnel est conçu pour cela. Pourvu que les moyens suivent.
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