10 Mai 2008
La sécurité n'est pas un processus figé, elle évolue avec le métier, la pratique et les contraintes. D'où la nécessité de son amélioration continue. C'est l'avis de Abderrazak Moussadek, responsable de la Direction Prévention et sécurité à la Lydec.
Pour prouver cette politique, « Chaque agent doit avoir 8H par an de formation et de sensibilisation en matière de sécurité », a-t-il signalé, ajoutant que toute personne qui rentre dans cette entreprise bénéficie d'un cursus d'accueil pour s'informer sur les risques qu'elle peut encourir dans l'exercice de son métier.
Le système de sécurité mis en place par Lydec depuis 1999 avec l'adoption d'une charte en la matière n'a cessé de se développer pour devenir un référentiel, non seulement au Maroc mais aussi par rapport aux normes européennes.
Les objectifs tracés consistent à préserver l'intégrité physique des personnes; développer le professionnalisme des collaborateurs (sous traitants et autres) et, en troisième lieu, réduire le coût économique et social des accidents aux chantiers et ailleurs. Les prestataires ont été également intégrés dans le système. Evidemment, il est difficile de garantir des résultats positifs à ce niveau et ce ne sont pas, d'ailleurs, les exemples qui manquent pour illustrer cette situation. N'ayant pas de rapports de subordination légale, il est difficile d'obliger les prestataires de services à respecter le même dispositif de sécurité et de santé des employés.
Pour atteindre les objectifs fixés, la filiale de Suez a mis en place une cartographie des risques éventuels et s'efforce de répondre à tous les dangers qui risquent de se reproduire. 9 ans de pratique en termes de sécurité semblent donner les résultats attendus.
Le nombre d'accidents est passé de 204 en 1998 à 38 accidents en 2007 durant les trois dernières années, aucune perte en vie humaine n'a été signalée, selon Abderrazak Moussadek, chef de la sécurité à Lydec. Celui-ci est convaincu que ce bilan n'aurait pu être réalisé sans l'engagement effectif des hauts dirigeants (obligés à passer 10 h au minimum sur les chantiers) et l'implication des employés.
A cela s'ajoutent les exigences supérieures à la réglementation locale afin d'améliorer le dispositif en place. Vu le déficit de normalisation et de réglementation nationale, les responsables de cette entreprise sont allés chercher les meilleurs référentiels européens.
Ce choix n'était pas facultatif. Il s'explique par l'aspect parfois dangereux des interventions des agents. Aussi la problématique des interventions sur les chantiers était l'une des premières priorités de Lydec.
Par ailleurs, la société chargée de la gestion déléguée de l'eau, de l'assainissement liquide et l'électricité au Grand Casablanca dispose d'un centre de santé équipé, avec le matériel nécessaire pour effectuer les visites médicales et apporter, non seulement les premiers soins, mais un peu plus. Ledit centre est encadré par un médecin et trois infirmiers. Une unité médicale mobile se déplace dans les sites, chantiers et installations pour plus de proximité avec les employés de Lydec.
En dehors du risque professionnel, ce centre offre plusieurs prestations, notamment des dépistages de cancer pour femmes, les dépistages des hépatites B et C, la lutte contre le tabagisme. D'ailleurs, personne n'est autorisé à fumer des locaux de la Lydec.
En somme, c'est un système intégré qui est en marche par cette société délégataire. Sa genèse date de 1998. Les premières priorités ont été axées sur les travaux sur les installations électriques et les chantiers publics. Cela s'est imposé d'autant plus qu'il y avait un manque flagrant en la matière. Il a fallu donc sensibiliser et former le personnel mais aussi lui doter du matériel moderne pour l'aider à sécuriser ses interventions.
La Lyonnaise des Eaux de Casablanca s'efforce, donc, d'éviter les accidents de travail, tel celui survenu en 2001 dans la station de relevagede Médiouna. Cette tragédie mortelle s'est produite au moment où quatre employés tentaient de réparer une panne dans un endroit privé d'éclairage et des moyens de prévention. Cet accident n'était pas à l'époque un cas isolé. Heureusement que le nombre a été substantiellement réduit grâce aux investissements déployés en matière de sécurité.
Une formation de pointe
Il faut retenir que cette entreprise a mis sur pied un dispositif de formation de pointe en matière de sécurité. Le centre de formation interne consacre le tiers de son cursus à la question de sécurité, soit 27.000 h/an. La Direction centrale de sécurité est composée de 5 cadres techniciens en plus des directions opérationnelles qui comptent 13 animateurs de sécurité. Mieux encore, des films sur la sécurité ont été réalisés, des témoignages des gens victimes d'accidents sont mis en valeur ainsi que des films pédagogiques distribués aux personnes pour plus de sécurité.
Aujourd'hui, cette direction ne fournit pas ses prestations uniquement aux agents de la société mais aussi aux associations et autres partenaires. C'est dans ce cadre d'ailleurs que le chef de division a effectué un déplacement, jeudi dernier à Fès, pour faire valoir l'expérience de son entreprise et sceller un partenariat avec les parties concernées à Fès.
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