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Cameroun: Relancer la croissance - un impératif


Cameroon Tribune (Yaoundé)
 

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Cameroon Tribune (Yaoundé)

12 Mai 2008
Publié sur le web le 12 Mai 2008

Rousseau-Joël Foute

Si le Cameroun veut sortir du sous-développement, il doit accroître de manière substantielle son taux de croissance.

On l'a déjà dit et il n'est pas superflu de le rappeler. La croissance de l'économie camerounaise évolue depuis plusieurs années en rase mottes. Autrement dit, elle est insuffisante pour pouvoir induire une réduction de la pauvreté de masse. Lors de son message radiotélévisé à la Nation le 31 décembre 2007, le chef de l'Etat, Paul Biya, a déclaré que la relance de « la croissance tient le premier rang » et qu'elle est la clef de la plupart de nos problèmes. Selon les statistiques qu'il a citées, la croissance a été de 3,5% en 2006.

Elle sera probablement de 4,1% en 2007 et les prévisions la situent à 4,5% en 2008. Conclusion de Paul Biya : « Ce n'est pas mal mais ce n'est pas suffisant pour assurer un véritable décollage de notre économie ». Le président de la République indique ensuite la voie que le gouvernement doit suivre : hâter le lancement des grands projets agricoles et industriels (programme de reconversion économique de la filière banane-plantain, projets d'exploitation du fer de Mbalam, de la bauxite de Minim-Martap, de l'uranium de Poli, du cobalt-nikel de Lomié, etc), car « nous ne pouvons plus attendre que les dossiers passent d'ateliers en séminaires, de séminaires en comités sans résultats visibles ».

La réduction du déficit énergétique fait partie des chantiers à mettre rapidement en oeuvre, l'énergie étant un important facteur de production dans une économie moderne. Le chef de l'Etat souhaite à ce sujet qu'en plus du potentiel hydroélectrique et autres gisements de gaz qu'il faut exploiter pour produire l'énergie électrique en quantité suffisante pour les opérateurs économiques, les ménages et les administrations, il est faut explorer la piste des énergies renouvelables : bio-carburants à partir des productions agricoles résiduelles, énergie solaire à laquelle se prête la majeure partie de notre territoire.

Augmenter la production agricole

La crise alimentaire actuelle (rareté et flambée des prix) nous rappelle qu'il est urgent de passer à l'action, en mettant en valeur le riche potentiel agricole du Cameroun pour produire des denrées en quantité suffisante, sinon, nous n'aurons même pas de quoi nous nourrir avant de penser à entreprendre quoique ce soit. Lors du Conseil de cabinet tenu le 24 avril dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, a engagé son équipe à transformer la menace actuelle en opportunité pour la conversion en profondeur de notre agriculture, qui devra satisfaire les besoins nationaux et devenir une exportatrice nette de denrées alimentaires.

Dans son exposé, le vice-Premier ministre, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Jean Nkueté, a déclaré que parallèlement aux actions de moyen et long terme, son département ministériel s'attelait, pour l'exercice en cours, à développement les filières stratégiques, en mettant un accent sur l'installation de jeunes agriculteurs. Après son exposé, le chef du gouvernement lui a demandé d'entamer sans délais les grands chantiers agro-industriels. Il a par ailleurs prescrit au ministre des Finances de s'assurer de l'application des dispositions de la loi de finances 2008 étendant l'exonération de la TVA à tous les produits agricoles, d'élevage et de pêche, ainsi qu'aux intrants des engrais dont le ministre du Commerce devra hâter le processus de libéralisation de la commercialisation.

Réduire le déficit national en produits de pêche

En plus des produits agricoles, il faut développer la pêche minée par des maux tels que le désintérêt des nationaux, en particulier des jeunes, l'indisponibilité des financements, le niveau élevé des charges d'exploitation, la raréfaction du poisson et la piraterie en haute mer, avec pour conséquence un déficit d'environ 150 000 tonnes en produits halieutiques pour une valeur de 60 milliards de F CFA par an. Inoni Ephraim a prescrit l'accélération du projet d'équipement et d'installations des pêcheurs artisans, y compris dans la zone de Bakassi, l'aboutissement des études sur les incitations fiscales en matière de carburant et de matériel de pêche, ainsi que l'aménagement du port de pêche industrielle de Douala, envahi par des épaves. Il a subséquemment demandé au ministre chargé de l'élevage de mettre en oeuvre un plan d'accroissement des principales productions animales.

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Améliorer la qualité de la dépense

La revalorisation des salaires de la Fonction publique a fait augmenter la masse salariale qui tend vers les 50 milliards par mois, soit environ sept milliards de plus. Il faut bien trouver de l'argent quelque part pour payer ces salaires tous les mois. Comme l'a dit fort opportunément le ministre des Finances, Essimi Menye, le 23 avril dernier, « si nous arrêtons de travailler, il n'y aura pas de rentrée de fonds. Nous devons donc continuer de travailler sans relâche pour améliorer les recettes ». En travaillant plus pour garantir la rentrée des fonds dans les caisses de l'Etat, les différents services publics devront parallèlement mettre un terme aux gaspillages afin de réaliser des économies.

« Le chef de l'Etat a instruit d'améliorer la qualité de la dépense de l'Etat. Désormais, les articles vendus à l'Etat doivent se rapprocher du niveau des prix sur le marché. Ainsi, des économies pourraient être réalisées. La cessation des achats des véhicules par les administrations permettra aussi d'économie de l'argent », déclare le ministre des Finances.



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