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Congo-Kinshasa: SNEL, le comité Yengo ressuscite l'ANEP pour échapper à un ordre de Gizenga !
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La Prospérité (Kinshasa)
13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008
Kinshasa
Nul n'est tenu d'exécuter un ordre manifestement illégal
La preuve de l'illégalité de l'ordre incombe à la personne qui refuse de l'exécuter », soutient un communiqué de l'Association Nationale des Entreprises Publiques, ANEP en sigle. Cette disposition, insiste-t-elle, a été édictée par le Législateur, au terme de l'article 28, en vue de lutter contre les abus du pouvoir des Autorités gouvernantes.
Comme pour dire que dans le cas d'espèce, la Snel qui ressuscite, pour la circonstance, l'ANEP dont elle est, du reste, présidente en exercice, n'accède pas à l'argument faisant état de son insubordination face aux ordres du Premier Ministre, M. Antoine Gizenga Funji, qui demandait notamment, la réouverture des négociations avec MagEnergy.
Autrement dit, obéir aux décisions et orientations de l'Etat-Propriétaire, serait, aux yeux du comité Yengo et de l'ANEP, faire preuve d'un manquement à cet article 28 de la Constitution. Ce qui est grave, dans ses multiples démarches, est que ce comité de gestion de la Snel fait fi d'un ordre précis du Premier Ministre, Chef du gouvernement. C'est pratiquement de la rébellion, estiment-on dans les milieux proches de MagEnergy.
Et pourtant, la lecture faite de ce dossier par la tutelle technique dégage la responsabilité de cette dernière, quant à la suite du processus. Ainsi, sur toute la ligne, est-il permis de considérer que toute l'argumentation montée et développée hier, au siège de l'Anep, sur l'avenue de la justice, à la Gombe, est une tentative de contourner l'autorité publique. D'ailleurs, étant juge et partie, la Snel en tant que Présidente en exercice de l'ANEP, s'expose à la colère du Premier Ministre. Les choses ne pourraient pour autant pas durer dès lors qu'après la question orale programmée et maintes fois décalée à l'assemblée nationale à cause du débat sur les contrats chinois, le gouvernement de la République reprendra ce dossier en mains.
Les recommandations de l'assemblée aidant, il va de soi que le gouvernement ramène de l'ordre dans la boutique. Sans nul doute que le respect des clauses de la convention conclue avec MagEnergy soit préconisé pour éviter de froisser les investisseurs étrangers. Il n'est pas exclu, non plus, d'envisager que devant son obstination à bouder les ordres du Premier Ministre, le comité Yengo risque gros. L'exemple de son prédécesseur Noël Vika di Panzu est encore frais dans la mémoire des congolais.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que cette affaire de MagEnergy n'entraîne, plus tard, l'éjection du comité en place, à la Snel. Normalement, la réouverture des négociations aurait due être la voie de sagesse pour permettre aux deux parties de réconcilier les comptes et de dégager, s'il échet, une piste garantissant les intérêts des uns et des autres.
Capacité financière solide
A en croire ses responsables à Kinshasa, MagEnergy est une société cotée sur la place boursière, à Toronto, au Canada. Sa capitalisation boursière dépasse 544 milliards de dollars américains. Ces trois dernières années, elle a investi dans la région, plus précisément, au Congo-Brazzaville et en RD. Congo, plus ou moins 250 millions de dollars américains. Pour le projet querellé, à propos de la G23 ainsi que la réhabilitation des turbines d'Inga I et II, elle a déjà débloqué plus de dix millions de dollars, pour les travaux d'urgence. Ce n'est qu'une partie sur les 20 millions souscrits.
L'argumentation de la Snel concernant la caducité du contrat ne tient pas debout. Si elle était vraie, comment la Snel a-t-elle écrit à MagEnergy, en date du 2 février 2008, pour lui demander 4.615.000 Euros, pour le parachèvement des travaux liés à la réhabilitation partielle de la G23 alors que la convention est caduque ? Le 13 février 2008, MagEnergy y répondait favorablement, en octroyant des crédits de 5 millions d'euros à la Snel moyennant la signature d'un troisième avenant. Par une lettre dûment signée, MagEnergy confirmait, en effet, la mise à disposition de la Snel de ces crédits de cinq millions d'euros. Mais seulement, voilà. Deux conditions devaient être remplies : la signature d'un troisième avenant et la réouverture des négociations telle que recommandée par le Premier Ministre Antoine Gizenga. Chose qui tarde jusqu'aujourd'hui, pour des raisons inavouées.
Retard de paiements
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Au terme de la convention, l'état chiffré de MagEnergy indique que la Snel est en retard de paiements des quotités dues au remboursement des crédits alloués aux travaux d'urgence. Les opérations de paiement se sont arrêtées depuis le mois de juillet 2007. A ce jour, la Snel doit payer à MagEnergy, un montant d'un million de dollars américains, selon les dispositions stipulées dans cette convention.
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