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Côte d'Ivoire: Financement des élections à venir, le Premier ministre sur RFI, après la réunion du CPC


 

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Le Nouveau Réveil (Abidjan)

INTERVIEW
13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008

Diarrassouba Sory

Le Premier Ministre ivoirien, M. Guillaume Soro était samedi dernier l'invité d'Alpha Barry sur Radio France Internationale (RFI).

Le chef du gouvernement ivoirien s'est prononcé sur la question du financement des élections et sur bien d'autres points relatifs à la sortie de crise. Notamment sur les attaques de certains responsables du FPI contre les Forces nouvelles. Interview.

Monsieur le Premier ministre, tout semble réuni pour qu'il y ait les élections le 30 novembre ?

Vous savez, en tout cas, depuis que je suis Premier ministre, les reports s'il y en a eu étaient forcément dus à des questions techniques ou logistiques ou matérielles. Ces questions n'étaient pas dues à un manque de volonté politique. Cette fois, les acteurs politiques donnent en tout cas le sentiment de façon consensuelle d'aller à ces élections. C'est pourquoi je pense que la date du 30 novembre 2008 qui est une date fixée consensuellement par tous les acteurs politiques de Côte d'Ivoire est une bonne date pour tenir ces élections. C'est vrai que les audiences foraines ont démarré, elles sont presque même à leur terme. Jusque-là le recensement électoral lui-même n'a pas encore démarré. Est-ce que tout ça pourra se faire assez rapidement?

Alors ce qu'il faut déjà savoir, c'est que le recensement électoral ne peut démarrer que si les audiences foraines arrivent à échéance. Les audiences foraines arriveront à terme le 15. Ce qui laisse à penser que le recensement électoral pourrait démarrer à la fin du mois de Mai où en début juin. Le communiqué de presse du CPC parle de difficultés de financement du processus électoral alors que la communauté internationale a annoncé qu'il y a 115 milliards de FCFA qui sont déjà disponibles. On ne comprend pas.

Le tout n'est pas d'avoir de l'argent disponible. Le tout est de l'avoir au moment opportun pour servir la cause. Or à l'état actuel des choses, nous avons signé un accord avec le PNUD qui va gérer les fonds pour les élections, pour le moment dans les "baskets founds", nous n'avons pas encore cet argent qu'on nous annonce. En clair, vous voulez dire qu'on est toujours au stade des promesses ?

En tout cas pour ma part, ni le Trésor public ivoirien, ni la caisse logée au PNUD n'ont enregistré les contributions dont il est question.

Vous avez besoin de combien ?

Pour le processus électoral, au dire du président de la Commission Electorale Indépendante, nous avons besoin de 36 milliards pour financer les élections. C'est le scrutin présidentiel et les législatives. Pour ma part, il semble qu'il y a encore un gap à rechercher et c'est pourquoi nous lançons l'appel au monde financier et aux bailleurs de fonds pour nous aider mais pas à combler le gap qui reste à rechercher. Vous avez lancé le désarmement et la démobilisation des ex-combattants. Est-ce que là aussi, vous avez l'argent pour accompagner ce processus ?

Ce processus est financé sur fonds de l'Etat de Côte d'Ivoire. Et sur d'autres fonds à chercher. En ce qui concerne la partie ivoirienne, elle a commencé avec un petit peu, ce qui nous a permis de lancer le processus. Naturellement, parallèlement à ce processus, il s'agira de mettre en oeuvre le service civique national, le programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire et ce sont des services pour lesquels aussi la communauté internationale a été sollicitée. Des promesses ont été faites. Nous attendons qu'elles se matérialisent.

Est-ce que vous ne craignez pas que les bailleurs de fonds imposent des conditionnalités qui vont alourdir le processus de financement de la sortie de crise?

C'est eux qui ont leur argent et c'est la Côte d'Ivoire qui les sollicite. Bien entendu, l'une de leurs préoccupations c'est que ces fonds soient gérés de la façon la plus rigoureuse et transparente possible. Donc on peut comprendre à la limite qu'ils veuillent être regardants sur la façon de gérer cette somme. Mais sur l'argument ancien qui était de dire qu'il fallait que les Ivoiriens montrent du sérieux dans le travail et qu'il y ait des acquis, je crois que les acquis aujourd'hui, ils sont là, ils sont visibles. C'est donc le moment que ces bailleurs de fonds aient plus de flexibilité pour permettre à la Côte d'Ivoire d'avancer de façon irréversible aux élections. Parce que toute hésitation de la communauté internationale pourrait amener à des crispations, à des risques de blocages de ce processus. Monsieur le premier ministre, il y a quelques jours, il y a eu quelques accrochages verbaux entre le parti présidentiel et les Forces nouvelles. Est-ce qu'aujourd'hui tout a été aplani ?

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J'ai été absent. J'ai entendu dire par propos de presse interposés ce qui se passait. Mon rôle c'est de réconcilier. Je lance un appel aux acteurs politiques ivoiriens. Nous avons eu pendant 5 ans, 6 ans le temps d'exceller dans l'invective. Nous avons eu pendant 6 ans, le temps de nous mesurer dans les injures. Je pense qu'aujourd'hui, il faut de la responsabilité.

Au sein des Forces Nouvelles, récemment, il y a eu des remous aux relents financiers. Est-ce qu'aujourd'hui tous vos ex combattants sont prêts pour aller vers la démobilisation ou le désarmement ?

Je n'ai pas connaissance de ce que vous affirmez. Mais je sais que j'ai été déjà à Bouaké. J'ai eu une réunion avec tous les hauts responsables des Forces Nouvelles, personne ne m'a dit s'opposer au processus de paix. Ceci dit c'est que aussi bien le programme de désarmement que la question de l'unicité des caisses de l'Etat, les questions doivent faire l'objet de débat, de discussions et doivent faire l'objet d'accord. Ce n'est qu'après cela que tous ces processus peuvent être lancés. Et je pense que j'ai eu raison d'avoir parlé avec les Forces nouvelles puisque, aussitôt après, le regroupement a atteint une vitesse de croisière et l'unicité des caisses de l'Etat devient une réalité dans ces régions.



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