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Afrique: Répartition inégale de l'investissement étranger direct en Afrique


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008

Kinshasa

L'Afrique a enregistré une forte croissance de l'investissement étranger direct (IED) au cours de dernières années, les entrées s'élevant à 36 milliards de dollars des États-Unis en 2006, contre 2,4 milliards de dollars des Etats-Unis en 1985, et se stabilisant probablement autour de 36 milliards de dollars en 2007.

Ces chiffres sont détaillés dans le World Investment Directory: Africa, publié par la CNUCED en liaison avec l'ouverture du Forum mondial de l'investissement, dans le cadre de la douzième session de la Conférence, organisé en avril dernier à Accra (Ghana).

En 2006, les entrées d'IED en Afrique représentaient un cinquième environ de la formation brute de capital fixe des pays de la région. Dans de nombreux pays, l'IED a augmenté dans le secteur primaire et dans les services, en partie du fait de l'exploitation des vastes ressources naturelles du continent et de la mise en oeuvre de nombreux programmes nationaux de privatisation. En conséquence, le stock intérieur d'IED de la région a atteint 315 milliards de dollars des Etats-Unis en 2006, poursuivant sa lente progression depuis 1985 (42 milliards de dollars américains).

La hausse récente des entrées d'IED en Afrique, en particulier pendant la période 2001-2007, était due à la fois à l'envolée des prix des produits de base et à un climat plus favorable à l'investissement. La révision des cadres juridiques concernant l'IED y a contribué, notamment les modifications apportées à la réglementation de l'exploitation des ressources naturelles.

Un certain nombre de pays africains ont aussi bénéficié d'une aide accrue de la part de la communauté internationale. Et des donateurs internationaux se sont engagés à appuyer les initiatives régionales en matière de développement, à stimuler le développement de l'infrastructure et à élargir l'accès à leurs marchés, favorisant ainsi l'IED.

Toutefois, la hausse récente des entrées d'IED n'a pas entraîné d'augmentation de la part de l'Afrique dans l'IED mondial ; cette part est restée plus ou moins équivalente à la part du continent dans le produit intérieur brut (PIB) et le commerce mondial. La part des entrées d'IED en Afrique est restée stable à 3 % environ entre 2000 et 2006 (2,7 % en 2006).

L'essor de l'IÈD dans la région a été déséquilibré. Les plus grands producteurs de ressources naturelles tels que l'Angola, l'Algérie, la Jamahiriya arabe libyenne, le Mozambique, le Nigéria et l'Afrique du Sud ont accueilli plus des trois quarts des entrées totales.

Les deux premiers pays bénéficiaires- Afrique du Sud et Nigeria - représentaient 37 % du stock intérieur d'IED en 2006. En outre, leur part des entrées d'IED dans le secteur primaire a augmenté parallèlement à la diminution de leur part de l'IED dans le secteur manufacturier. Plusieurs autres pays africains ont connu une évolution comparable. Seuls quelques pays ont enregistré une hausse de la part des entrées d'IED dans le secteur manufacturier pendant la même période.

Les pays développés ont représenté la plus grande partie du stock intérieur et des flux d'IED à destination de nombreux pays africains pendant des périodes variables. Toutefois, l'IED des pays en développement dans la région s'est récemment accru, même s'il reste relativemnt modeste. En particulier, les sociétés transnationales (STN) de pays en développement d'Asie et d'Afrique deviennent des investisseurs dynamiques sur le continent.

En 2006, quelque 71 % des entrées d'IED en Tunisie provenaient des seuls Émirats arabes unis, en grande partie du fait de l'acquisition par un groupe d'investissement de Dubaï d'une participation de 35 % dans Tunisie Telecom.

Dans le cadre des efforts qu'ils déploient pour attirer l'IED, de nombreux pays africains ont non seulement adopté de nouvelles mesures et modifié leurs orientations au niveau national mais ont aussi conclu des accords bilatéraux et internationaux d'investissement.

Les réformes des lois relatives à l'investissement ont essentiellement visé à libéraliser l'entrée et l'activité des STN et à renforcer la protection de l'investissement étranger. Le nombre de modifications apportées à la politique nationale en matière d'IED constaté par la CNUCED a augmenté chaque année dans la région depuis le début des années 90. En 2006, par exemple, 57 modifications ont été enregistrées par la CNUCED, dont 49 ont contribué à rendre plus favorables les conditions des entrées d'IED.

Au niveau international, un élément important des efforts déployés par les pays africains pour améliorer les conditions d'investissement, promouvoir l'ouverture et attirer l'IED est la rédaction et la signature d'accords bilatéraux d'investissement et de conventions de double imposition. En décembre 2007, plus de 1 120 instruments avaient été conclus par les pays africains: soit 687 accords bilatéraux d'investissement et 438 conventions de double imposition.

Plus de 70 % de ces instruments souscrits par des pays africains avaient été signés avec des pays développés, notamment des pays européens, essentiellement le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie pour le plus grand nombre d'entre eux. Toutefois, les accords bilatéraux d'investissement et les conventions de double imposition conclus avec des pays en développement d'autres régions, qui étaient auparavant exceptionnels, sont de plus en plus nombreux.

Des pays de la région participent aussi à des initiatives importantes en matière d'accès aux marchés lancées par des pays développés - surtout l'Union européenne et les États-Unis - en faveur des pays en développement en général ou des pays africains en particulier.

Les perspectives à long terme pour les investissements dans les chaînes de valeur de matières premières sont bonnes. Les modifications récentes apportées à la loi des Etats-Unis sur la croissance et les perspectives en Afrique (AGOA) sont particulièrement importantes car elles devraient renforcer la diversification du continent au profit des activités de transformation dans le secteur textile.

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L'IED dans le pétrole et le gaz et dans d'autres minéraux devrait se maintenir à un niveau élevé à moyen terme. L'Afrique pourrait aussi accroître sa part de l'IED mondial en favorisant les investissements dans la fabrication de biens primaires et intermédiaires et de composants



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