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Bénin: Marché international des matière première
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L'Autre Quotidien (Cotonou)
13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008
Bénédicte Chatel
Décélération de la hausse des prix au second semestre
Divers organismes se sont bousculés entre les 15 et 17 avril pour annoncer leurs prévisions. Les pays émergents vont rester les meneurs de jeu. Les analystes s'entendent sur un point : Le ralentissement dans la hausse des prix des matières premières semble au rendez-vous du deuxième semestre de cette année. Et ce, dans le cadre d'une décélération de la croissance de l'économie mondiale par rapport aux années antérieures. Mais il ne faut pas se méprendre : Ce ralentissement ne se traduira pas de suite par une baisse véritable des prix. Il s'agit bien d'une moindre progression de certains cours qui sont à des niveaux historiquement élevés.
L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a, pour sa part, souligné que la croissance du commerce mondial serait, cette année, la plus faible en six ans, mais tout de même à 4,5%. Elle avait atteint 5,5% en 2007 et 8,5% en 2006 ! Le jeu continue, bien évidemment, d'être mené par les pays émergents qui, en 2007, ont représenté 34% des échanges mondiaux. Du jamais vu ! Et si on ajoute les pays d'Europe de l'Est, cumulés, ils représentent plus de la moitié des importations mondiales, rappelle l'OMC. L'indice de l'EIU en hausse de seulement 1,1% Toutefois, l'affaiblissement économique des pays industrialisés et une légère décélération en Chine vont peser sur la croissance et, donc, sur l'évolution des cours des produits de base. L'indice des prix des matières premières industrielles (métaux, pétrole, caoutchouc, fibres) de l'Economist intelligence unit (EIU) ne devrait progresser que de 1,1% en moyenne sur l'ensemble de 2008, a annoncé le 16 avril ses analystes. Les cours ont continué à grimper ce dernier trimestre malgré le ralentissement dans l'OCDE car les investisseurs institutionnels voient dans les matières premières des valeurs refuge, notamment face à la faiblesse du dollar et à l'inflation. En outre, l'offre de ces produits demeure étroite alors que la demande est toujours soutenue. La récession économique va donc affecter le pouvoir d'achat des consommateurs et donc la demande dans des secteurs moteurs comme la construction et l'automobile. Mais les produits vont être diversement affectés.
Les prix des métaux de base, selon l'EIU, baisseront de 1,5% en 2008 mais de 18,3% en 2009. Les prix de l'aluminium demeurent élevés car les stocks sont faibles mais la demande devrait décliner et les prix baisser en 2009. Il en serait de même du cuivre, ces deux prochaines années, mais pas autant que l'EIU l'avait, dans un premier temps pronostiqué. Le nickel, quant à lui, demeurerait ferme en raison du dollar, d'une demande chinoise forte et de faibles stocks. Idem pour l'étain car, notamment, l'Indonésie continuera à restreindre ses expéditions. Le zinc, en revanche, subira le ralentissement économique de l'OCDE. Quant au pétrole, il continuerait sur sa lancée : l'EIU estime que, sur l'ensemble de 2008, le baril progressera de 25,6%. Ce ralentissement ne se traduira pas de suite par une baisse véritable des prix. Il s'agit bien d'une moindre progression de certains cours qui sont à des niveaux historiquement élevés.
Les fibres resteraient fermes
Côté softs, le caoutchouc naturel grimperait encore de 7,9% avant de décliner, lui aussi, de 15,1% l'année prochaine. Mais les fibres se maintiendraient : parmi les dernières matières premières à être embarquées à la hausse, ces dernières années, elles continueraient à avancer : +10,7% cette année et 0,6% en 2009, alors que les prix des autres matières baisseraient. En effet, les superficies américaines se réduisent, la sécheresse en Australie fait des ravages et le prix du pétrole renchérit considérablement le coût des fibres synthétiques, grand concurrent du coton.
Denrées alimentaires
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Quant aux produits alimentaires stratégiques, le prix du riz notamment devrait encore fortement grimper ces prochaines semaines pour ensuite redescendre d'ici la fin de l'année, a confirmé le 17 avril le Conseil international des céréales. Depuis le début de l'année il a gagné 135%, ce qui est beaucoup plus que le maïs (+18%) et même l'or (+10%) ou encore le pétrole (+9%). Actuellement, le riz se négocie aux alentours des $ 1000 coût et fret. Il pourrait encore atteindre $ 1500 à 1600 ce prochain mois. Mais pour redescendre ensuite et repasser sous la barre des $ 1000, estime le Conseil. Pourquoi ? Car les pays exportateurs devraient relâcher leurs restrictions à l'exportation qu'ils ont mis en place ces derniers mois au vu de la montée en flèche des prix sur leur marché local.
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