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Madagascar: « Le traumatisme sexuel laisse des traces »


 

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L'Express de Madagascar (Antananarivo)

INTERVIEW
13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008

Noro Haingo Rakotoseheno

Nadine Chantry, responsable au sein du Groupe développement Madagascar fait état des séquelles de l'exploitation sexuelle chez les jeunes filles

Quels sont les effets majeurs de l'exploitation sexuelle chez les jeunes filles mineures ?

- Les traumatismes sont les empreintes les plus lourdes et les plus graves laissées par les exploitations sexuelles chez les jeunes filles. Pour en guérir, il faut un accompagnement psycho-social à long terme. Cela peut durer deux à cinq ans selon la victime. Au moment où notre association engage la discussion avec ces jeunes enfants, elles ne se rendent pas compte qu'elles sont victimes d'exploitation sexuelle. C'est à travers l'écoute qu'on découvre qu'elles ont été trahies par des amis ou des proches. Elles se sentent impuissantes face aux manipulations des abuseurs. Dans la société, elles sont stigmatisées. Une fois qu'elles se prostituent, elles ne peuvent plus retourner chez elles, elles sont exclues par la société.

Comment se passe la réintégration dans la société ?

- Dans la mesure où la rupture avec le milieu de la prostitution s'avère difficile, elles sont prises en charge complètement par l'association. Avant d'être réintégrées dans leur famille, elles doivent avoir une nouvelle identité sociale. Ce n'est pas facile de vivre avec les souvenirs d'un corps marqué par la prostitution. Les bienfaits thérapeutiques des actions de réparation des traumatismes sont essentiels. Pour le corps, on fait beaucoup de séances d'art : modelage, peinture. Avec ces exercices, elles peuvent exprimer et évacuer leur douleur. Elles sont aussi consultées par un médecin qui suit de près leur santé. Mais la guérison dépend uniquement d'elles. Il y en a qui font une rechute après un ou deux ans, c'est-à-dire qu'elles recommencent à se prostituer. Généralement, elles réussissent complètement cette phase de restauration au bout de quatre ou cinq ans de traitement.

Comment réussissez-vous à les convaincre d'intégrer votre association ?

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- Nos accompagnateurs sociaux effectuent une descente, le soir. Ils parlent de notre association aux jeunes filles des rues. Nous leur laissons du temps pour réfléchir puis les accompagnateurs reviennent pour connaître leur décision. Elles sont ensuite recueillies dans un refuge de nuit pour les mettre en confiance. Les jeunes filles peuvent nous parler de leur vécu, de leur traumatisme. Mais cela reste une décision volontaire et personnelle qui dépend entièrement d'elles. C'est notre processus pour la réhabilitation psychologique.



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