Yves Atanga
13 Mai 2008
billet
C'était un peu prévisible. Au lendemain d'un week-end agité autour d'une assemblée générale très attendue de la Cameroon Music Corporation, le ministre de la Culture a pris ses responsabilités hier.
Ama Tutu Muna, a d'abord officiellement déclaré nul et de nul effet, tout ce qui s'est fait samedi au palais des Congrès de Yaoundé. C'est-à-dire en gros, la poursuite des travaux et la reconduction de Sam Mbende, président sortant du conseil d'administration. La décision du Mincult publiée hier sous forme de communiqué s'appuie sur le non respect de certaines dispositions, dont des textes fondamentaux de la CMC. Elle rappelle surtout que la candidature de Sam Mbende avait été déclarée irrecevable.
En fin de journée, le ministre de tutelle a ensuite purement et simplement retiré l'agrément accordé à la Cameroon Music Corporation. Un agrément qui donnait mandat à la CMC de gérer le droit d'auteur et les droits voisins dans la catégorie art musical. Les motifs clairement énoncés, se résument à des problèmes de gouvernance. La décision du Mincult permet d'en savoir plus au sujet de l'interpellation de Sam Mbende samedi dernier à la police judiciaire.
De toute façon, voilà la CMC de nouveau au devant de l'actualité. Et de manière négative, ou tout au moins polémique. Mais cette énième « affaire » n'étonne pas, tellement, les artistes musiciens nous ont habitués à ce type de situation. Et dans le panier à crabes que constitue l'univers de la gestion collective du droit d'auteur au Cameroun, la Cameroon Music Corporation s'est souvent distinguée par ses querelles, ses bagarres, entrecoupées de périodes d'éphémère accalmie. La CMC est-elle ingérable ? La question commence sérieusement à se poser, après les différentes péripéties déjà enregistrées. En 2003, c'est quand même l'immense Manu Dibango qui vient en renfort pour le lancement de la société. A peine deux ans plus tard, le spectacle est déjà désolant. Ça se termine avec beaucoup d'éclats de voix. Sam Mbende qui prend le relais dans ce contexte d'agitation ne tarde pas, lui aussi à être au centre de la controverse.
L'oiseau rare sortira-t-il des prochaines élections ? C'est ce que tout le monde espère. Les couacs à répétition ont en tout cas conforté ceux qui pensent qu'il ne faut pas absolument un musicien comme PCA de la CMC. Mais le débat n'est peut-être pas là. Il se situerait plutôt aux alentours des gros enjeux financiers d'une société de gestion collective du droit d'auteur. Avec malheureusement encore, une conception très spéciale de la notion d'intérêt général Et nous somme dans le domaine de la musique qui, on le sait, génère des sommes beaucoup plus colossales à cause de sa popularité. Pour le moment tout est donc arrêté. Y compris la création des oeuvres de l'esprit. Les artistes attendent la suite. Et pendant ce temps, les pirates, eux ne chôment pas.
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