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Cameroun: Projet de port en eau profonde de Kribi - les bailleurs de fonds intéressés


Cameroon Tribune (Yaoundé)
 

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Cameroon Tribune (Yaoundé)

13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008

Jeanine Fankam

La première table ronde des bailleurs qui s'est déroulée du 8 au 9 mai 2008 a tenu toutes ses promesses.

Les investisseurs se positionnent déjà. Louis Paul Motazé, ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, a exprimé sa satisfaction à l'issue de la première table ronde des investisseurs et opérateurs économiques du projet de Port en eau profonde de Kribi. A la presse, il a affirmé que tous les opérateurs invités à Yaoundé ont manifesté leur intérêt. Certains, a-t-il dit, sont même prêts à tout financer, selon le mode BOT (Build-Operate And Transfer). Le point culminant des travaux est intervenu vendredi dernier autour de 11h. Le tour de table était le principal objet de la grande rencontre.

Des représentants d'organismes divers, nationaux et internationaux, ont pris la parole : une entreprise suisse, un groupe anglo-canadien, la BAD, La BDEAC, Camship, Douala Stock Exchange, China National Electric Equipment Corporation, etc. Chaque orateur tenait à exprimer ses intentions d'offres, toutes aussi variées : expertises techniques et technologiques, offre de gestion, offres financières, etc. L'objet du forum ne consistait pas à faire des propositions formelles. Un autre cadre sera aménagé à cet effet. Néanmoins, à travers les prises de parole, était soulignée l'importance du projet pour le Cameroun et pour la sous-région de l'Afrique centrale.

La Douala Stock Exchange voudrait se positionner comme un véhicule de financement et jouer tout son rôle dans la réalisation de ce projet. Le représentant de cette institution voulait faire savoir que la bourse des valeurs de Douala est bel et bien opérationnelle aujourd'hui et qu'il tient à accompagner le Cameroun dans la construction du futur port dont le site a été délimité dans la zone de Grand Batanga (10 km de Kribi).

Le groupe ALUCAM est déjà prêt à s'impliquer. L'entreprise n'a pas seulement manifesté son intérêt. Son représentant a avoué que des études de préfaisabilité sont lancées dans la perspective de l'installation de d'ALUCAM dans l'espace industriel du futur port.

L'Agence française de développement, elle, examine encore les documents pour mieux appréhender tous les contours du projet. Déjà, elle souhaite que soit pris en compte le potentiel touristique du site afin d'intégrer les investissements y relatifs.

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Le directeur du développement financier des projets de la BDEAC (Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale) a suggéré l'idée de veiller à ce que le futur port porte le label "projet intégrateur" de la CEMAC. Ce label pourra influencer les conditions de son financement et avoir une incidence sur le développement de son ouverture sur le marché. Autre observation du représentant de la BDEAC : le Port en eau profonde de Kribi aura un énorme besoin en énergie. Il a souhaité que dès maintenant, on s'assure que ce besoin sera effectivement pourvu à long terme avec la réalisation des projets de construction des barrages en perspective au Cameroun.

La portée économique du futur ouvrage a été maintes fois soulignée : accélérer l'industrialisation par la mise en exploitation de nombreuses ressources naturelles, optimiser la desserte maritime du Cameroun, etc. Autour du port sont en effet greffés d'autres projets majeurs, notamment la construction d'une voie ferrée et des infrastructures routières.

En dehors du port en eau profonde de Kribi, deux autres ports sont en projet dans la sous-région : un à Banana en République démocratique du Congo et l'autre à Pointe Noire (Congo Brazza). Trois infrastructures qui ont les mêmes ambitions, la même orientation et qui comptent desservir les mêmes pays. Peut-on les rendre complémentaires ? Doivent-elles opérer dans un environnement de concurrence, et donc de compétitivité ? Là réside toute la problématique au niveau sous-régional. En tout état de cause, le Cameroun gagnerait à tout mettre en oeuvre pour prendre ses concurrents de vitesse. Car dans une économie globalisée, la gestion rationnelle du temps est un facteur-clé de succès.



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