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Maroc: Biyouna est de retour au Maroc
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Libération (Casablanca)
13 Mai 2008
Publié sur le web le 13 Mai 2008
Ayoub Akil
Autre vraie bonne surprise de l'année 2008 : Biyouna est de retour au Maroc. Cette fois-ci, l'actrice chevronnée viendra confirmer tout le talent d'une Biyouna chanteuse allumée et inspirée. En fait, dans le cadre de la septième édition du Festival Mawazine, rythmes du monde, l'artiste algérienne Biyouna se produit au Théâtre Mohammed V, samedi 17 mai 2008, pour le plus grand plaisir de ses fans au Maroc.
Née à Baya Bouzar, le 13 Septembre 1952 à Alger (Algérie), Biyouna est tout d'abord une voie sublime et charmante. Son album « Blonde dans la Casbah » l'atteste.
Entre Brigitte Fontaine, Mama Béa et Reinette l'Oranaise, l'album reste empreint d'enroulements d'une nostalgie pop et chaâbie. Produit par le compositeur - arrangeur Joseph Racaille (Bashung), cet opus a permis à la comédienne-chanteuse de nous gratifier d'un second album, façon cabaret. Un produit doté d'un arrangement savant : délicates incrustations de piano, de violon et de cuivres, de guitare et de mandoline. Galette de douceurs désuètes, « Blonde dans la Casbah » nous donne d'abord à découvrir une Biyouna abonnée aux sixties de ses premiers pas et de ses rêves encore intacts.
Biyouna s'appuie sur une équipe de musiciens fort talentueux. Une formation motivée qui comprend notamment le poly-instrumentiste virtuose Henri Agnel (guitares) et Mustapha Mataoui (piano). L'album est bien servi par les heureux duos. Des duos à l'affût de ceux qu'on y trouve avec Christophe (La Man), la diva afro-anglaise du soul-jazz Malia (Bismilah), Didier Wampas (Merci pour tout).
La magie de « Blonde dans la Casbah » est aussi le fruit de deux chaleureuses reprises. Il s'agit de celles d'El Hachemi Guerouabi (El Barah) et Kamel Messaoudi (Echemaa). Ici, avec un brin d' « insolence », Biyouna chante ses petites et grandes brûlures. On y croise une superbe ballade signée Mohamed El-Hamel et Mohamed Iguerbouchène.
Mention spéciale également pour les épanchements de « Bismillahi », « La Man » et « Une blonde platine dans la Casbah », qui donne son nom à l'album, un hommage à la mère et complice de l'artiste disparue l'an dernier à 84 ans. Sans oublier « Tsaabli ouetmili » en forme de révérence à Fadela Dzirya et "El Ghafel" concocté par Djamel Laroussi.
Voilà des années que la magie de l'actrice Biyouna, une icône populaire en Algérie, ne cesse plus.
Chanteuse mais également actrice, notre artiste demeure une valeur sûre de l'art en Algérie. Après le « Harem de Mme Osmane» et «Viva Aldjéria», Biyouna s'invite de nouveau à la vision singulière de Nadir Moknèche, le réalisateur franco-algérien qui signe ici une très belle comédie. C'est typiquement le genre d'oeuvre que l'on a envie de recommander à son entourage.
Dans ce film, Biyouna interprète le rôle de madame Aldjéria. Elle est une mère à la fois maquerelle, bidouilleuse, mafieuse, manipulatrice, mais profondément humaine, sensible et attachante. Quelle classe! Le port altier, juché sans arrêt sur ses escarpins, madame Aldjéria incarne ce pays éponyme. Une période de flou à laquelle succède une noblesse qu'aucun oripeau ne pourrait dissimuler.
Le charme ténébreux du film tient en grande partie à la très belle réalisation de Nadir Moknèche. Il n'y a pas mal de beaux plans et une mise en scène formidable. Les comédiens desservent le dessein du réalisateur à merveille. On y trouve un parfait jeu des acteurs, particulièrement Biyouna. Cette dernière réalise ici une prestation de haute volée. Cette madame Aldjeria s'autoproclame une « bienfaitrice nationale ». Elle incarne ainsi cette aspiration à la modernité : celle de tout un peuple. En cela, elle est infiniment touchante, à l'image de cette fiction généreuse, ni comédie ni drame, ni film politique ni film d'amour, mais un peu de tout cela à la fois. Et le film ne cesse de faire voler en éclats les clichés si souvent apposés sur l'Algérie.
Rendez-vous donc le 17 mai 2008 au Théâtre Mohammed V à Rabat pour une soirée musicale empreinte de flegme. Bon spectacle !
Repères
Née en 1952 à Alger, soeur de la chanteuse Faïza el-Djazaïria, la petite Baya de Belcourt fait ses début (tambourin, danse et choeur) dans les orchestre de Fadela Dzirya et Flifla, avant d'entamer, à dix-sept ans, une carrière de danseuse et de fantaisiste dans les cabarets d'Alger et du littoral.
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Très populaire après 1970 avec le succès de Dar Sbitar, l'adaptation de La Grande maison de Mohammed Dib par Mustapha Badie pour la télévision, elle sera régulièrement sollicitée pour le petit écran (une vingtaine de téléfilms et séries) et le cinéma (cinq longs métrages). On l'a également vue en première partie de l'Opéra de quat'souks de Fellag créé à l'Opéra Comique avec la complicité de Jérôme Savary.
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