Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Ruberwa réclame un audit financier sur la conférence de Goma

C'est avec amertume et un brin d'émotion que le président national du RCD, sorti de son mutisme depuis plusieurs mois, a abordé les principales questions politiques qui fâchent et qui mettent le régime au pouvoir dans une mauvaise position par rapport aux promesses électorales.

Actualité oblige, le RCD ne pouvait pas ne pas donner sa position sur les contrats chinois dont les débats ont été interrompus hier par la sortie de l'opposition scandalisée par la réplique du ministre Pierre Lumbi aux préoccupations des députés nationaux.

Aux yeux de Me Azarias Ruberwa, lors de la conférence de presse tenue hier au siège de son parti, le parlement congolais est à féliciter pour la qualité des débats lors de la réception de ces contrats chinois. Cependant, force est de constater que ces contrats ont été mal négociés, notamment au niveau de ses clauses fondamentales, particulièrement sur la liste des infrastructures qui seront réalisées en échange de riches sites en minerais cédés presque à vil prix et surtout de l'impact négatif sur des générations futures. « N'importe quel autre investisseur qui aurait signé des contrats similaires serait en mesure de nous fournir les mêmes infrastructures et même de meilleure qualité », s'est exclamé le président national du RCD. Des clauses dont le caractère léonin n'a rien à envier aux miniers pour lesquels la société civile et l'opinion ne cessent de réclamer la revisitation à défaut d'une résiliation pure et simple. En clair, le RCD se range du côté de ceux qui pensent que la meilleure façon de sauver la face pour le gouvernement actuel serait d'accepter avec modestie de renégocier ces contrats chinois pour sauvegarder l'intérêt national.

Le président du RCD regrette cependant que comme à leurs habitudes, ceux qui, depuis leur victoire aux élections générales de 2006, se considèrent comme revêtus d'une mission messianique de gérer le pays avec trop d'autosuffisance vont utiliser leur majorité mécanique pour voter ces contrats qui vont hypothéquer la nation pour des générations à venir.

Le RCD pour un véritable changement des mentalités

Faut-il changer de gouvernement ? Tout en admettant que le premier ministre n'est pas le seul responsable de l'échec, aussi considère-t-il qu'il ne suffit pas de changer de gouvernement s'il n'y pas amélioration des méthodes de gestion de la chose publique et de protection des droits de l'homme, sinon ce serait déshabiller Saint Paul pour habiller Saint Pierre. Le mal est profond et concerne le mental car, le pays souffre de la carence de leadership à la tête de certaines institutions de la République. Me Ruberwa a profité de cette question pour rappeler qu'à l'issue des élections générales en 2006, son parti et bien d'autres avaient émis le voeu de la mise en place d'un gouvernement d'union nationale étant donné que le pays sortait d'un long conflit armé qui l'avait divisé.

L'opposition est plurielle

Au sujet de la désignation du coordonnateur de l'opposition, les violons ne semblent pas s'accorder entre le RCD et le MLC sur plusieurs points. Tout d'abord, il y a lieu de regretter que le MLC s'est permis de faire légaliser auprès du Notaire le règlement intérieur sans y avoir intégré les avis et considérations des autres membres. En retenant comme critère essentiel d'élection du coordonnateur le score de 42 % au deuxième tour de la présidentielle. Une position qui est critiquable car les partis de l'opposition devraient se considérer comme des pairs et la meilleure façon serait de mettre en place un système de rotation à la tête de l'opposition en tenant compte du poids de chaque parti sur l'échiquier national et surtout qu'il ne reste plus que 3 ans et 6 mois avant la fin de cette première législature. Le deuxième point de divergence avec le MLC se situe au niveau du mode de votation. Le parti de Jean-Pierre Bemba s'en tient au vote à main levée, probablement, a indiqué Me Ruberwa, pour contrôler les votants. Or, a rappelé l'orateur du jour, la constitution consacre le système de vote discret pour respecter la volonté d'un chacun. De plus, la loi des lois ne parle que de l'opposition, ce qui revient à dire que même les partis de l'opposition non parlementaire devraient être admis pour postuler à tous les postes, même celui du coordonnateur.

Nécessité d'évaluer l'Acte de Goma et celui de Nairobi

Selon des sources crédibles, la conférence de paix de Goma aurait coûté une bagatelle estimée entre 6 et 10 millions de dollars Us et cela dans une ville où les prix des denrées alimentaires et d'hôtels sont les moins chers de la République. Aussi, le RCD réclame une évaluation de ces travaux. Avant de constater avec amertume que sur le plan de ce processus, les éléments du FDLR n'ont pas encore été désarmés et que d'autre part, les millions des déplacés et des réfugiés ne sont toujours pas rentrés dans leurs foyers d'origine. Et comme si la RDC serait poursuivie par un signe indien, les agences humanitaires viennent de sonner la sonnette d'alarme en avertissant qu'elles vont réduire de moitié la ration alimentaire suite à la crise alimentaire qui frappe actuellement le monde et le plus grave, c'est que les réserves des vivres ne peuvent pas dépasser trois mois. Le seul côté positif à relever, c'est que les éléments des FARDC ne se battent plus contre ceux du CNDP de L. Nkunda.


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