On ne le dira jamais assez !
Les contrats chinois continuent encore et toujours à défrayer la chronique dans les salons politiques de la capitale. Comme on pouvait s'en douter, la querelle autour de cette question n'intéresse pas seulement la coopération bilatérale et structurelle avec les bailleurs traditionnels et les institutions de Breton Woods. Elle va cependant au delà de cercles politico-économiques traditionnels qui interviennent régulièrement dans ce dossier et certains leaders d'opinion africains de premier plan estiment légitime de donner un autre son de cloche sur ces contrats qui font couler beaucoup d'encre et de salives. Parmi ces africains, figure Alpha Omar Konaré, ancien président de l'Union Africaine qui s'est exprimé en marge du premier forum Inde-Afrique du mois dernier en fustigeant le comportement de l'occident.
« Il faut que nos partenaire habituels arrêtent le saupoudrage »
Selon un document d'une source digne de foi parvenu au quotidien de l'Avenue Lukusa, face à la coopération traditionnelle, Alpha Omar Konaré a demandé aux partenaires traditionnels d'arrêter le saupoudrage et de remettre les pendules de la coopération à l'heure sur les questions de développement, parce qu'a-t-il fait remarquer, l'économie de traite ne peut pas continuer. Puisque selon lui les modèles mis en place par la colonisation ont plutôt servit à appauvrir nos pays et « c'est une des raisons pour lesquelles nous n'arrivons pas à créer de l'emploi parce que les matières premières vont à l'extérieur et il n'y a pas de transformation et c'est un grand risque pour nos pays et pour un continent qui a besoin de chemin de fer, des routes, et de ponts. Pour moi, par exemple c'est ne pas un rêve qu'un chemin de fer aille du cap à Caire, une route qui va de Dakar à Djibouti et un pont et un chemin de fer de Kinshasa à Brazzaville ». Avant d'ajouter qu'aujourd'hui tous ces ouvrages sont une exigence et c'est à cette seule condition que l'Afrique peut se développer. Malheureusement, a-t-il indiqué, lorsqu'il s'agit des grands travaux et des gros financements l'on ne voie personne. Parlant des éléphants blancs qui jonchent les capitales africaines, Alpha Konaré suggère de jouer la carte de la transparence à fond en informant la population au sujet du coût réel de ces travaux, mettre sur le net et partout le système de financement et le système de remboursement. Cependant, Alpha Omar Konaré a regretté que l'essentiel de l'aide et des crédits mis à la disposition des pays retourne en réalité dans les pays qui les donnent et dont une partie couvre les frais d'études et autres et quand ces pays ont la possibilité d'acheter du matériel de qualité ailleurs, ils se réfugient derrière des conditionnalités qui les obligent à ne pas le faire.
« Il faut donner tous les détails à la population »
S'agissant de sa prise de position dans la coopération sud-sud, notamment des nombreux crédits accordés par la Chine, un pays émergent qui a investi, notamment en Angola, au Congo Brazzaville, au Sénégal et en Rdc qui n'apparaît pas comme une critique vis-à-vis de l'Occident, Alpha Omar Konare rétorque ne pas comprendre toute l'agitation et tout le questionnement créé autour de ces milliards. Avant de déclarer « je suis d'accord qu'on parle de transparence, de rigueur, qu'on voit à quoi cela va servir. Mais qu'on ne puisse pas dire qu'un milliard c'est trop. Alors que pour 50 ou 100 millions de dollars l'on met 3 à 4 ans sans être sûr de l'avoir. Si vous avez les 100 millions de dollars aujourd'hui, cela ne vous suffira même pas à construire des routes de Kinshasa, alors que tout le pays a besoin d'infrastructures de toute nature. Donc nous disons à nos partenaires, l'Afrique a besoin de gros investissements aujourd'hui. C'est pourquoi quand nous voyons les Sud-américains se rendre en Inde, la Chine, l'Australie et les pays arabes, c'est une bonne chose. Plus ils seront là, nous sommes assuré d'avoir plus d'investissements et plus nous sommes aussi assurés de pouvoir choisir et de gagner notre initiative, a insisté Alpha Konaré.
Parlant de 5 chantiers dont le président Kabila est l'initiateur pour son mandat et dont le partenaire principal est la Chine, l'ancien président de l'UA a affirmé que pour lui, c'est légitime que les dirigeants de ce pays qui est un grand et qui possède toutes les ressources pas encore mises en valeurs accélère pour que les conditions de vie des populations de ce pays s'améliorent. Et d'ajouter que le jour où la Rdc dont la population va passer dans 30 à 40 ans à 150 millions d'habitants se mettra débout, l'Afrique marchera. Quel marché et quel chantier ! S'est-il exclamé et de dire : « je ne dis pas que les problèmes de gouvernance sont secondaires. Je ne dis pas du tout qu'il ne faut pas lutter contre la corruption, je ne dis pas qu'il ne faut pas veiller sur la bonne gestion, parce quez tous ces crédits là il faut qu'on soit assuré qu'on va les utiliser effectivement pour la bonne destination et qu'on va s'assurer que ces conditions de remboursement seront-là pour ne pas pénaliser les générations futures. Ca aussi, jouons carte sur table. Moi je dis, informons les populations, donnons tous les détails aux populations. Voilà tels travaux, voilà ce que ça coûte, comment on va financer et comment en va rembourser », a-t-il fait savoir. Abordant l'incapacité qu'aurait la Rdc pour la gestion d'une telle somme, Alpha Konaré reconnaît qu'il y'a des problèmes qu'il faut intégrer dans notre développement qui aujourd'hui doit de plus en plus être conçu comme durable, tels les problèmes de la protection de l'environnement, etc. Il s'agit de trouver un type de développement où alors adopter un même type de développement que les occidentaux. Alpha Konaré est d'avis qu'il ne faut pas retourner à des méthodes surannées, mais qu'en regardant notre propre cheminement, nos cultures, certaines de nos bonnes traditions, et les progrès scientifique, l'on évitera d'imiter ce que l'Occident à fait et qui s'est terminé par une catastrophe. Se développer, cela veut dire qu'il faut faire en sorte que les gens puissent avoir à manger, que les gens puissent être soignés, entretenir les meilleurs relations entre eux, s'instruire, avoir des nouvelles ambitions chaque jour et se donner les moyens d'assouvir ses ambitions là. Tout ceci, a-t-il poursuivi, ne peut pas signifier que l'on maintienne nos pays dans un état de pauvreté. Aujourd'hui, l'on ne peut plus dire à des pays que l'on les maintient à tel niveau parce que ça vous gène alors que pendant des siècles, ce sont les autres qui ont tout détruit.

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