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Ile Maurice: Le manque de développeurs de logiciels gêne l'expansion des firmes de BPO


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

14 Mai 2008
Publié sur le web le 14 Mai 2008

Alain Barbé
Port Louis

OOL croit dans le potentiel des jeunes Mauriciens à s'adapter facilement aux opérations de BPO.

La société luxembourgeoise d'externalisation (business process outsourcing) Optimum Outsourcing Ltd (OOL) met le doigt sur la plaie. En pleine expansion avec l'obtention d'un nombre de nouveaux contrats, elle se trouve confrontée à de multiples obstacles pour les réaliser. Elle n'arrive notamment pas à trouver des développeurs de logiciels sur le marché local alors que le système de télécommunications laisse à désirer et n'est toujours pas à la hauteur de ses attentes.

Opérationnelle depuis quatre ans à Maurice, OOL est engagée dans le traitement de données de comptabilité bien spécifiques à haute valeur ajoutée et la gestion des stocks. Elle voudrait doubler son effectif actuel de 40 personnes d'ici la fin de l'année vu le nombre croissant de contrats qu'elle décroche. «Nous venons d'obtenir un contrat concernant le traitement des documents douaniers pour le port d'Anvers. Nous allons nous y mettre à partir du 1er juillet», déclare le président de OOL, Luc De Deken.

«Nous avons récemment obtenu un autre contrat de la Société des Eaux, une institution gouvernementale belge pour laquelle nous allons faire la domiciliation bancaire et le traitement des factures. Il y a aussi un autre projet qui consiste à localiser des tuyaux d'eau dans le sol belge. Nous commençons le traitement de ce dossier à partir du 19 mai. Un autre volet de nos opérations est le développement de logiciels informatiques spécialisés.»

Avec la croissance de ses contrats, OOL devra introduire un système de rotation (shift system) à partir de la semaine prochaine et de recruter une dizaine de développeurs additionnels pour son équipe. «Quand on parle de cyber-île, il faut avoir des développeurs. Ce n'est pas un problème de compétences mais il n'y en a pas assez à Maurice, surtout dans le domaine de nouvelles technologies», déplore Luc De Deken

Ce handicap pousse OOL malgré elle à explorer le marché indien. «Nous préférons les développeurs mauriciens mais nous n'avons pas le choix. Les développeurs indiens viendront aussi pour former les équipes mauriciennes. Nous avons aussi un accord avec l'université de Technologie de Maurice pour la formation de notre personnel. Cet accord fonctionne bien mais nous avons besoin de développeurs immédiatement.»

Le deuxième créneau qui pose problème est celui des communications. Pour devenir la cyber-île à laquelle Maurice aspire, il lui faut un système de télécommunications de haut niveau. Or ce n'est pas encore le cas. Le système n'est pas toujours performant et le coût des télécommunications reste très élevé. «Il y a des pannes et d'autres faiblesses au niveau de la capacité du réseau. Quand nous sommes arrivés à Maurice, ce n'est pas ce qu'on nous avait promis. OOL opère dans un domaine pointu et nous n'avons pas besoin d'une ligne dédiée», souligne Luc De Deken.

Le président d'OOL estime que le monopole dans le secteur risque de décourager d'autres investisseurs. «En Belgique, on avait ce problème de monopole jusqu'à récemment. L'arrivée d'autres opérateurs a permis de l'enlever. Ce n'est pas parce que le marché est libéralisé que MT va en souffrir. Pas du tout. Si d'autres opérateurs viennent, ce sera à l'avantage de MT, qui en sortira encore plus fort. La concurrence ne peut que lui être bénéfique.»

Le troisième problème, à son avis, c'est le niveau peu élevé de professionnalisme au management de Business Parks of Mauritius (BPML). Il estime cependant qu'il y a certainement des gens de bonne volonté dans son administration. «Mais il faut un management à la hauteur d'une cyber-île. Je reste convaincu que la direction de BPML va régler ce problème. Ce sont les capacités de gestion et professionnelles en BPO et en informatique, qui doivent être renforcées dans l'équipe de BPML.»

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OOL croit dans l'énorme potentiel de Maurice, et «d'une jeunesse qui s'adapte facilement aux opérations de BPO». «Maurice a tout pour réussir et devenir un grand du BPO», fait ressortir Luc De Deken.



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