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Côte d'Ivoire: "Conakry ouvre à la SOTRA les portes du marché africain"
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Fraternité Matin (Abidjan)
INTERVIEW
14 Mai 2008
Publié sur le web le 14 Mai 2008
Doua Gouly
Abidjan
M. Philippe Attey
Dès le 1er juin prochain, une nouvelle aventure commence pour la Société des transports abidjanais (Sotra). Sa première filiale internationale entre en activité. En terre guinéenne.
Quel est l'état de santé de la Sotra aujourd'hui ?
Je pense qu'il y a du mieux. Dans la mesure où les plans adoptés pour faire décoller cette société ont été appliqués progressivement. La Sotra ne va pas totalement mieux comme je le souhaiterais. Il y a encore des mesures complémentaires à appliquer. Et c'est ce que nous nous attelons à faire. Mais par rapport à l'état dans lequel j'ai trouvé l'entreprise en 2000, on peut dire que c'est le jour et la nuit.
En quoi consistent ces mesures ?
Le premier élément est l'assainissement du bilan. Voyez-vous, le bilan se caractérisait par deux postes qui pouvaient effrayer n'importe quel partenaire. Les pertes cumulées de 33,7 milliards de francs et des fonds propres négatifs de 12,5 milliards. Aujourd'hui, ce sont 5,5 milliards de fonds propres. Et le résultat cumulé positif est de 1,9 milliard de francs.
Pour les usagers, les résultats de vos actions doivent se juger par rapport au nombre d'autobus en ligne chaque jour. Alors que leur répondez-vous ?
La santé financière améliorée permet effectivement de renouer avec les banques, les bailleurs de fonds. La société est donc devenue banquable. Nous avons repris les investissements. Cela est visible aujourd'hui chez nos passagers avec le nombre de bus et leur état. En 2000, nous étions à 380 autobus dont l'âge moyen était supérieur à 18 ans. Aujourd'hui, avec le tout dernier arrivage, notre parc est de 900 autobus dont l'âge moyen est inférieur à 5 ans. Nous avons prévu de franchir cette année, au 3ème trimestre, le cap des 1000 autobus avec 750 en ligne dont l'âge moyen sera ramené à quatre ans. Ce qui, à mes yeux, sera une grande performance. Sans compter que, dans deux à trois mois, nous allons vous présenter des autobus made in Sotra industrie. Nous avons engagé une politique de filialisation avec Sotra tourisme qui est visible, avec ses couleurs. Sotra industrie qui produit déjà les bateaux-bus va fabriquer des autobus avec des châssis et moteur IVECO. Toutefois, le nom, pour indiquer que c'est fabriqué en Côte d'Ivoire est " Eburnie ". Des autobus de ville pour le transport urbain, mais également des autobus interurbains pour permettre à la Côte d'Ivoire de renouveler sa flotte interurbaine qui a beaucoup vieilli et diminué pendant la crise.
Ces autobus interurbains seront-ils vendus au privé ?
Ils seront vendus au privé. Dans notre programme, seule Sotra tourisme pourra faire toutes les destinations nationales et internationales en fonction du développement touristique. En matière de transport, nous allons simplement créer des filiales pour le transport urbain dans les principales villes du pays.
Malgré ces résultats, les temps d'attente sont encore longs aux arrêts.
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Les attentes sont effectivement longues. Mais cela n'est pas lié au nombre d'autobus. La cause principale est les embarras de la circulation.
C'est-à-dire ?
Les embarras de la circulation sont par exemple les embouteillages dont certains sont provoqués par des barrages de police sur les routes. Barrages que nous ne comprenons pas aux heures de pointe. Vous avez les cas d'Abobo et Yopougon qui sont des cités dortoirs et vers lesquelles les passagers commutent dans les deux sens aux heures de pointe. Et puis, il y a aussi l'insuffisance de sites propres. Compte tenu du développement de la ville d'Abidjan qui, à mon avis, tend vers cinq millions d'habitants, les véhicules privés sont en nombre important. Ce qui est tout à fait normal. Mais dans les villes bien organisées dans le monde entier, il y a ce qu'on appelle des sites propres d'autobus. A Paris, le maire a agrandi les sites propres d'autobus pour fluidifier le transport en commun. Abidjan dispose seulement de sept kilomètres de corridor spécialisé réservé aux autobus de la Sotra. La ville de Séoul en a 200. Quand il y a eu la grève des transporteurs privés le 25 février 2002, le parc de la Sotra était de 600 véhicules en ligne. Mais du fait de désencombrement des routes, les gens étaient surpris de nos performances. Certains pensaient qu'on avait des autobus en réserve. Or c'était simplement parce que la circulation était fluide. Même si nous accroissons le nombre de bus en ligne à 1000 ou 1500, on ne pourra pas améliorer la qualité du service puisqu'on ne maîtrise pas les temps du parcours. A cause des barrages, des accidents, de l'indiscipline, de l'encombrement même de la chaussée par des commerçants qui n'ont rien à y faire.
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