Utilisez le menu pour découvrir d'autres articles
  


Ou Recherche Avançée pour les Abonnés Uniquement


Cliquer ici pour lire les commentaires ou réagir sur le sujet »

Sénégal: La responsabilité des ONG engagée


Le Soleil (Dakar)
 

Envoyer par email

Imprimer cet article

Poster un commentaire

Le Soleil (Dakar)

OPINION
14 Mai 2008
Publié sur le web le 14 Mai 2008

Bara Diouf

La déclaration du président Abdoulaye Wade, en date du dimanche 4 mai 2008 à la Radio Télévision Sénégalaise, sur l'actuelle crise alimentaire et ses conséquences, ne cesse de provoquer l'intérêt de la classe politique et de susciter la réflexion des spécialistes. La question, c'est l'évidence, que l'on tente de banaliser en s'efforçant, par médiats interposés, d'en rejeter la responsabilité sur les pays pauvres, ne peut laisser personne indifférent. Dans les perspectives d'une « mondialisation » de l'économie internationale que domine toujours de part en part l'Occident, certaines grandes puissances qui ont fait leur fortune sur le dos du Tiers-monde et que le souvenir de trois siècles de traite négrière et autant de colonisation plombent dans une mauvaise conscience pénible, ne savent plus à quel saint se vouer.

La tragédie de la pénurie alimentaire est là, monstrueuse, en dépit de la domination du Tiers- monde, - nous devrions dire l'Administration - depuis la fin de la dernière guerre mondiale, par des institutions internationales de création occidentale. Quelles fonctions régulatrices devaient jouer les Ong telles que le Fida, le Programme alimentaire mondial et, pour ne pas la nommer, la Fao dont le siège est à Rome ? Sans oublier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui, à eux deux, ont dominé l'économie monétaire du Tiers-monde. N'empêche ! Tant de précautions pour prévenir et guérir n'ont pas su arrêter la crise, si elles ne l'ont pas provoquée.

Les résultats sont là, visibles et têtus, révélant la vulnérabilité d'une Afrique noire post-coloniale aujourd'hui aux abois. Toutes les denrées de première nécessité subissent, à l'importation, un renchérissement des coûts qui les rend inabordables aux budgets insignifiants de nos Etats. La pauvreté s'est installée et, avec elle, les révoltes de la faim qui secouent l'Afrique, de Kinshasa à Dakar, d'Abidjan à Freetown, de Lagos à Bamako en passant par Maputo. Que faire devant la probabilité extrême de voir un milliard deux cents millions d'être humains, pour la plupart vivant en Afrique, souffrir de la faim ou en mourir ?

Les pays producteurs, confrontés à l'augmentation de leurs populations, devant le relèvement foudroyant des coûts du pétrole en particulier et de l'énergie en général, face au prix exorbitant des transports maritimes, préfèrent ne plus vendre et garder leurs céréales pour la consommation de leurs propres nationaux. Ce sont l'Inde, la Thaïlande, l'ex Siam, les Philippines, etc.

C'est dans une situation aussi dramatique que le président Abdoulaye Wade a été invité à formuler l'avis de l'homme politique qu'il est, de surcroît doublé du titre de président d'une République elle-même frappée par la crise. L'homme allie à la pertinence des propos, à la clarté des idées et à l'efficience d'une pensée servie par une dialectique intellectuelle dense, un courage qui force l'admiration.

Son raisonnement est clair, simple, sans fioritures, en dépit d'une volonté manifeste d'une certaine presse internationale et locale de l'éloigner de son objet et de le personnaliser. A quelles fins ? Quel rapport entre l'actuel président de la Fao, dont les compétences sont connues au point de lui valoir l'appui officiel de toutes les autorités sénégalaises et singulièrement du président Wade pour le renouvellement de son mandat, et les mécanismes de ces Ong qui se dédoublent et, quelque part, provoquent un gaspillage, s'ils ne contribuent à l'engraissement d'une classe de fonctionnaires internationaux très éloignés de l'objectif des institutions qu'ils prétendent servir ? Au demeurant, ce sont, selon le président Wade, les institutions, non les hommes, qu'il faut réformer pour leur restituer une efficacité originelle qu'elles ont malheureusement perdue dans la pratique.

Souvenez-vous, dans les années 80, de l'action néfaste de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur nos économies. Arrêt et interdiction de recrutements dans la Fonction publique, fermeture des coopératives agricoles et arrêt des subventions à nos agriculteurs, obligation d'une privatisation de services comme l'Oncad et l'Oca qui, pourtant, avaient fait leur preuve. Et l'on est surpris, après tant de diktats et de mesures imposées par ceux qui avaient en charge notre progrès, de l'effondrement de l'agriculture sénégalaise, de la médiocrité de la fonction publique sénégalaise, singulièrement de l'enseignement où les recrutements étaient interdits et les salaires misérables.

Liens Pertinents

En préconisant de revoir, mais non de les supprimer, toutes ces institutions qui ont amassé en notre nom et pour notre cause des milliards de dollars dont personne, à la fin, ne connaît la destination, en recommandant de refondre, en une seule institution, certaines d'entre elles comme le Fida, la Fao, le Programme alimentaire mondial qui, quelque part, se chevauchent en une seule grande institution qui pourrait, pourquoi pas, avoir son siège dans un pays du Tiers-monde, donc plus proche de ses ayants droit et de ceux qu'elles ont la prétention de servir, en quoi, cela desservirait-t-il l'action de ces Ong si tant est que leurs fonctions sont de servir ?

La crise alimentaire mondiale est là et les nations africaines, le Sénégal tout au moins fait courageusement face à la situation avec l'assistance ou pas des pays riches. Une assistance non en argent comptant, dont la corruptibilité rend vulnérables tous les projets, mais en matériels d'égale valeur, qui ne seront pas susceptibles d'être soustraits à l'usage des chantiers auxquels ils sont destinés, ou amenés à servir d'autres fins par de sinistres corrompus.

Il est heureux qu'un confrère qui vit en Europe et collabore avec Rfi, Jean Baptiste Placa pour ne pas le nommer, ait eu le courage sur les ondes d'appuyer les idées du président Wade. Alpha Blondy aussi, l'artiste international ivoirien de renom.



AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

 
Partagez cet sur:
Facebook
Digg
Del.icio.us
StumbleUpon
Muti


Copyright © 2008 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS

Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement

Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles .

HOME
allAfrica.com


Liens Pertinents




Hausse de la production rizicole
Crise alimentaire - la FAO, le FIDA et le PAM appellent à une nouvelle révolution verte
Crise alimentaire - Nécessité d'une aide accrue à l'agriculture
G8 - Une pensée pour les pauvres
La 'maladie jaune mortelle' désarçonne des scientifiques





Les plus actifs du jour