|
|
Soudan: Pastèques, conflits et changement climatique
![]() |
||||||||||
|
||||||||||
UN Integrated Regional Information Networks
13 Mai 2008
Publié sur le web le 14 Mai 2008
El Obeid
A plusieurs centaines de kilomètres des conflits qui couvent entre éleveurs et agriculteurs au sujet des ressources naturelles dans la région soudanaise du Darfour, les deux communautés du village de Gereigikh, dans l'Etat du Nord-Kordofan, ont appris à apaiser les tensions en plantant des pastèques.
« Nos agriculteurs ont découvert qu'à chaque fois que la tribu des Kawahlas [une tribu d'éleveurs par tradition] amenait son bétail dans leurs champs, le crottin de leurs bêtes permettait d'améliorer la production. Alors, les membres de la tribu des Gawamhas [agriculteurs par tradition] se sont mis à planter des pastèques pour attirer les bêtes dans leurs champs », s'est souvenu Ad-Dokhri el Sayed, chef de la communauté de Gereigikh, situé à une centaine de kilomètres au nord-est d'El Obeid, la capitale du Nord-Kordofan.
« La situation s'est nettement améliorée. Aujourd'hui, tout le monde vit en paix ; nous n'avons jamais de problèmes », a-t-il dit.
Le Soudan, essentiellement composé de terres arides ou de désert, se trouve au Sahel, la région la plus vulnérable du monde à la sécheresse, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Dans ce pays, la question des terres et du droit de pâturage a toujours provoqué des tensions entre les nomades et les agriculteurs, selon le document de présentation d'un projet de résolution des conflits, rédigé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
« Dernièrement, toutefois, certaines régions du pays se sont trouvées aux prises avec un enchevêtrement complexe de sécheresses graves et de ressources de plus en plus rares », a noté le document.
En conséquence de cela, la sollicitation excessive de ressources insuffisantes, telles que l'eau ou les pâturages, est devenue l'élément déclencheur d'une majorité des conflits, et le changement climatique devrait aggraver la situation.
Coexistence pacifique
Mais la relation traditionnellement explosive entre les agriculteurs et les éleveurs n'a jamais pris les proportions d'une véritable crise au Nord-Kordofan, car les communautés ont trouvé le moyen de cohabiter.
Il y a plusieurs dizaines d'années, les membres de la tribu des Kawahlas vivaient près d'Iyal Ali, un village essentiellement peuplé de Gawamhas, et situé à moins de 100 kilomètres d'El Obeid. Ils se sont ensuite installés dans le village, et font aujourd'hui partie de la communauté, au sein de laquelle ils contractent même des mariages mixtes.
Même après plusieurs tasses de chaï (thé), les villageois ont peine à expliquer comment ils ont réussi à préserver la paix, alors même que les tribus des Etats voisins en viennent souvent au conflit.
Gasmalla Mohammed, un Kawahla qui vit au village avec sa famille, a proposé l'explication suivante, le sourire aux lèvres : « Tout dépend des personnes. Si vous voulez créer des problèmes, vous n'avez qu'à réagir à chaque commentaire ou à chaque réaction furieuse ; si vous ne le faites pas, alors, il n'y a pas de problème ».
« Les deux communautés du Nord-Kordofan ont construit une relation symbiotique : elles ont des relations sur la place du marché, des relations qui portent sur l'approvisionnement en fumier, en main-d'Ã "uvre, elles s'achètent du bétail », a expliqué Faysal Eljack de SOS Sahel Royaume-Uni, une organisation non-gouvernementale (ONG) d'aide au développement, partenaire du PNUD, qui met en oeuvre le projet de résolution des conflits élaboré par l'agence onusienne. « Ces relations se sont renforcées au fil des années ».
Les deux communautés sont devenues économiquement dépendantes l'une de l'autre, en particulier pendant les périodes de sécheresse, a observé Soumaya Zakieldinne, de l'Institut d'études environnementales de l'université de Khartoum, la capitale soudanaise.
En effet, au cours de l'évaluation d'un projet d'adaptation au changement climatique, Mme Zakieldinne et trois autres chercheurs ont découvert que les agriculteurs de Gereigikh vendaient souvent de l'eau aux tribus migrantes.
Les éleveurs avaient également tendance à rester plus longtemps sur place en raison du lien, avantageux pour les deux parties, qui se créait avec les agriculteurs. « Les éleveurs fournissent aux agriculteurs des produits laitiers tels que du lait, du beurre et du fromage, et les agriculteurs leur donnent des produits agricoles ».
| |||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles . | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
![]() Les plus actifs du jour
|