Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Ambatovy - Il y a une part de responsabilité de l'Etat

R. Edmond

14 Mai 2008


Si Sherritt recrute avant tout des étrangers, c'est qu'il ne trouve pas meilleurs sur place.

Etonnement général. C'est globalement la réaction des observateurs par rapport à notre article d'hier sur le recrutement par Sherritt International de 5000 ouvriers philippins pour les travaux de construction du projet d'extraction et de traitement de nickel et de cobalt d'Ambatovy.

« Même si les ouvriers malgaches ne répondent pas aux critères, n'y avait-il pas un moyen de les former et de les recruter après ? » entend-on ici et là. Quoi qu'il en soit, cette information relance les débats sur la manière de gérer de ce genre de grands investissements miniers.

Tardivement

Un haut responsable du ministère de l'Energie et des Mines a même reconnu qu'il y a une part de responsabilité de la partie malgache dans cette affaire. Et ce, dans la mesure où l'administration et le secteur privé malgaches ont tardivement réagi par rapport aux besoins de Sherritt International aussi bien en termes d'emplois que d'offres de biens et de services. L'on apprend d'ailleurs que le sujet du recrutement des compétences nationales était évoqué à plusieurs reprises dans le cadre des négociations entre le gouvernement malgache et Sherritt. Seulement, il s'avère, semble-t-il, que Sherritt ne peut plus attendre la formation des techniciens et ouvriers malgaches pour répondre aux urgences du projet.

Prioritaires

En tout cas, on rassure aussi bien du côté du ministère de l'Energie et des Mines que de celui de Sherritt que les nationaux seront prioritaires pendant la phase d'exploitation. Autrement dit, les techniciens et ouvriers malgaches qui ont espéré décrocher des emplois durant la phase de construction doivent encore se contenter de la place de spectateurs sur leurs propres terres devant les 12 000 à 20 000 techniciens et ouvriers étrangers « hautement qualifiés » qui y travailleront.

En tout cas, la leçon à tirer dans cette affaire, c'est que pour les futurs autres projets miniers qui seront en chantier, la partie malgache fasse preuve d'une meilleure capacité de prévision et de réaction. Il y a encore les projets pétroliers comme Madagascar Oil, le charbon de la Sakoa, les exploitation d'uranium, les nombreux gisements aurifères qui, avant tout sont des richesses nationales. Si les autorités publiques ne font pas preuve de bonne capacité de négociations avec les grandes fortunes qu'elles exploiteront, les grands avantages iront avant tout aux étrangers.

Copyright © 2008 Midi Madagasikara. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Read comments. Write your own.


SELECT
SELECT

Le top des actualités