Rwanda News Agency/Agence Rwandaise d'Information (Kigali)
15 Mai 2008
Kigali — Selon le journal LE SOIR du 29.04.2008, Karel de Gucht, le ministre belge des affaires étrangères, aurait prié Kigali d' « ouvrir un dialogue politique » avec les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Toutefois rien, dans l'article du journal, ne montre explicitement que le ministre ait tenu de tels propos.
Il serait regrettable de créer une tension entre le Rwanda et la Belgique sur base d'informations incomplètes sur la position rwandaise ou sous la pression d'un lobbying permanent des FDLR.
Les FDLR ont signé à Rome, en 2005, une déclaration par laquelle elles s'engageaient à rentrer au Rwanda sans conditions. Suite à une mésentente intérieure à leur mouvement, les FDLR ont formulé deux conditions à leur retour : le retour dans la dignité et la promesse de sécurité.
En réalité, « le retour dans la dignité » signifie le retour en formation politique reconnue ; quant à «la promesse de sécurité, on ignore ce que cela signifie concrètement. On n'ose pas penser que cela signifie promesse d'impunité ou une sorte d'amnistie. Car, la sécurité normale, le Rwanda l'assurera aux ex-membres des FDLR comme il l'assure à tous les citoyens rwandais et à ceux qui séjournent dans le pays.
D'autre part, une fois rentrés au Rwanda, les membres des FDLR pourront fonder autant de partis qu'ils veulent en conformité avec la législation rwandaise. La loi rwandaise, en effet, comme toutes les lois du monde, ne reconnaît aucun parti politique créé ou situé en dehors de son territoire.
Tous les membres des FDLR sont les bienvenus au Rwanda, comme tous les Rwandais, sans condition ni du côté rwandais ni de leur côté. Cela est un droit garanti par les lois et par la Constitution. En cela, notamment, le Rwanda se démarque des deux premières républiques ethnistes.
Il convient d'attirer l'attention sur un reportage d'une chaîne de TV franco-allemande (Arte) dont le titre en allemand est « Schlaffende Mönster » (Sleeping Monsters, en anglais). Nous dirions en français « des monstres qui dorment ».
Le scénario de ce reportage a été refusé par la partie française d'Arte et le partenaire allemand l'a produit et diffusé en plusieurs occasions, comme lors de stages de formation de diplomates. Il a été même récemment présenté dans un festival à Kigali.
La thèse de ce reportage peut se résumer en deux points. Primo, il n'y a guère plus de génocidaires au sein des FDLR ; secundo, si les FDLR ne rentrent pas au Rwanda, c'est à cause de l'intransigeance de Kigali. Il est possible que l'information de telle ou telle personnalité politique ait été contaminée par cette position sommaire pour le moins.
Car, génocidaire ou pas, le Rwanda a rappelé à maintes reprises que tout crime est individuel et ne peut être imputé à un groupe. Quant à l'intransigeance, elle ne peut porter sur le droit au re retour qui est un droit inaliénable pour tout Rwandais.
Pour tout dire, la question est simple : tous les membres des FDLR peuvent rentrer au Rwanda sans aucune condition ni de leur part ni de la part du Rwanda. Tout le reste est spéculation sans fondement.
Dans la situation actuelle, il est impossible pour le Rwanda de jouer un rôle plus positif et de faciliter davantage le retour des FDLR dans leur pays. (Fin)
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