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Congo-Kinshasa: Multiplier les latrines publiques
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Le Potentiel (Kinshasa)
OPINION
15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008
Diosso Olivier
Kinshasa
Les toilettes publiques existent dans la capitale congolaise. Mais pas assez. On les compte sur le bout des doigts de la main. Pour une mégalopole de plus de six millions d'habitants, il faudrait bien en construire beaucoup. Non seulement en évaluant les distances avant d'installer ces lieux de «soulagement», mais aussi en les ciblant en prenant en compte les places publiques de grande affluence.
A Kinshasa, l'insuffisance de latrines publiques amène très souvent bien des Kinois à transformer en urinoirs les murs de clôture des immeubles et autres bâtiments, les pieds d'arbres, les coins sombres, etc. Si certains lieux de négoce, en l'occurrence les marchés central, Gambela, Lufungula sont dotés de lieux d'aisance, d'autres places publiques n'en disposent pas. A l'exception de la Place de la Gare centrale dans la commune de la Gombe.
Pourtant, tout le monde est d'avis qu'on ne tergiverse pas quand il faut satisfaire les besoins physiologiques. Sinon, bonjour les dégâts, lorsque dans les environs immédiats, aucune toilette publique n'est visible. A tout prendre, l'ONU n'a pas cru si bien faire de proclamer l'année 2008, «Année des toilettes». Objectif : amener les populations à vivre dans un environnement sain pourvu de lieux d'aisance, entretenus et répondant aux normes élémentaires d'hygiène. Cela pour éviter des maladies.
Si chaque parcelle peut disposer de ses latrines, cela épargnerait non seulement à ses occupants de contracter des maladies mais aussi les voisins de tomber malades. Et pourquoi pas les passants. Quant aux places publiques, il sied de procéder à leur multiplication à travers la ville de Kinshasa.
Par ailleurs, construire les latrines publiques est une chose. Les entretenir pour les maintenir en état de propreté en est une autre.
L'entretien et la propreté ne sont plus congolais. Cela depuis belle lurette. L'expérience montre que le Congolais n'a pas la culture de propreté et d'entretien. Pour entretenir les quelques toilettes publiques dont dispose la ville, les préposés à cette tâche exigent au maximum 50 FC avant de «se soulager». Très souvent, les usagers s'exécutent difficilement ou carrément ne paient pas.
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Une autre difficulté de garder l'état de propreté se situe au niveau de la rareté de l'eau de la Régie nationale de distribution d'eau (Regideso). Or, sans eau, le nettoyage des toilettes est impossible.
Aussi des réserves d'eau sont parfois constituées dans des tonneaux vides. Une fois l'eau épuisée, les agents commis au nettoyage n'arrêtent de faire défiler les différents «candidats». A en croire l'un d'eux du marché Central, comme tout agent de l'Etat, la hauteur de leur rémunération serait ridicule.
Ce qui les pousse, en dépit du manque d'eau, à accepter ces usagers, moyennant parfois 100 Fc. Ces derniers ne demandant pas mieux que de se soulager n'importe où, entre les quatre murs.
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