L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Grève à Dédougou

Dramane Sougué

14 Mai 2008


Les bouchers ont servi la viande

Les travailleurs de Dédougou, à l'instar de leurs collègues des autres villes du Burkina, observent depuis hier une grève de 72 heures, par suite du non- respect de leur plateforme revendicative.

La causerie qui anime de nos jours les gargotes porte sur la cherté de la vie. L'augmentation des prix des produits de première nécessité tels que le riz, le savon, le sel, l'huile crève les yeux. La seule boutique témoin dont la presse a fait cas est introuvable à Dédougou.

Le riz est devenu une denrée non à la portée du fonctionnaire moyen. Le sac de 50 kg se négocie présentement à 20 000 FCFA dans cette ville. La panoplie de mesures prises par le gouvernement pour maîtriser l'inflation grandissante n'a visiblement pas eu l'effet escompté. Ce phénomène de vie chère, même s'il est mondial, est néanmoins contrôlé par les gouvernements de certains pays.

Les Burkinabè, quant à eux, sont loin de l'assistance de leur gouvernement. C'est donc pour crier leur ras-le-bol au gouvernement du Premier ministre, Tertius Zongo, que les centrales syndicales ont décidé d'observer une grève de 72 heures allant du 13 au 15 mai 2008 sur toute l'étendue du territoire national après celle des 8 et 9 avril dernier.

Nul n'est besoin d'être un expert en économie pour savoir que le pouvoir d'achat du fonctionnaire burkinabè est le plus bas de la sous-région. Même après les deux augmentations de salaires effectuées par la Fonction publique, la situation demeure préoccupante, car le privé est toujours le laissé-pour-compte dans ce débat syndicat/gouvernement.

Contrairement à la grève des 7 et 8 avril derniers, qui avait paralysé durant les 48h la ville de Dédougou, où les commerces étaient restés fermés sans qu'on ne puisse savoir si cela était dû à la peur des actes de vandalisme, cette fois-ci, les activités commerciales et même administratives ont fonctionné. Preuve que la peur justifiait l'attitude précédente des commerçants.

En effet, le grand marché a gardé son ambiance des jours habituels, où chacun vaque à ses occupations. Les bouchers ont servi la viande à leurs clients sans interruption. Les différentes banques de la place sont restées aussi ouvertes, tout comme la mairie. Au niveau de la SONAPOST également, le service minimum est assuré, de même qu'au Trésor et au Service domanial.

C'est dans les lycées et collèges que la grève est bien suivie. Au CHR, un accident de la circulation a fait travailler le bloc opératoire. A notre deuxième passage, l'équipe était toujours en place et un de ses membres nous a laissé entendre que c'est plutôt les malades qui ne venaient pas.

Est-ce un signe de fatigue face aux multiples mouvements sociaux ou est-ce la stratégie de lutte qui n'est pas appropriée ? Le constat qui se dégage en tout cas au deuxième jour de cette grève, est qu'elle n'est pas suivie, comparativement à celle des 8 et 9 avril dernier.

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