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Madagascar: Le général Fidy attaque Raonenantsoamampianina


 

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L'Express de Madagascar (Antananarivo)

15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008

Fano Rakotondrazaka

Le général Randrianafidisoa a présenté sa défense, hier, devant la cour criminelle, à Anosy. Le procès sur le coup d'éclat à Ivato, les 17 et 18 novembre 2006, continuera ce jour.

Le général Randrianafidisoa fait endosser la faute au général Raonenantsoamampianina. Il évoque la responsabilité de l'ancien chef de l'État-major général de l'armée malgache (CEMGAM) dans l'affrontement qui avait causé la mort d'un soldat de première classe du Régiment des forces d'intervention (1er RFI). C'était, hier, lors du procès sur le coup de force du général Fidy à la Base aéronavale d'Ivato (BANI), les 17 et 18 novembre 2006.

Ils sont huit à comparaître à la cour criminelle à Anosy, hier. Il s'agit du général Randrianafidisoa, de quatre colonels, dont Alfred Rakotomaronirina, Laurent Boto, Jean Welson Ralaikoa, Jean Baptiste Behavana et Joie Hans Rakotoarisoa, du capitaine Lalaina Andrianjatovo et du sergent Bernard Masesy. L'ancien maire de Fianarantsoa, Pety Rakotoniaina, est le huitième et unique civil parmi les inculpés.

Le général Randrianafidisoa a présenté sa défense en répondant aux questions du président du tribunal et de l'avocat général pendant plus de quatre heures. L'officier général de l'armée malgache qualifie ses actes de prise de responsabilité en faveur de la patrie et des militaires.

Directoire militaire

« Nous n'avions pas l'intention de mener un coup d'État. Notre objectif était de tirer la sonnette d'alarme sur la pauvreté des militaires », déclare-t-il. Il refute la prise illégale de commandement de la BANI et la séquestration du commandant de la Base, le colonel Rafiliposon Ramarosandratana.

Pour l'ancien directeur général de l'Office des mines nationales et des industries statégiques (OMNIS), l'incident à Ivato ne se serait pas produit si le général Raonenantsoamampianina avait pris ses responsabilités en recourant à la négociation. «Nous voulions rencontrer les hauts responsables », soutient-il.

Le général Randrianafidisoa a, souvent, rappelé son parcours politique avec le président de la République, Marc Ravalomanana, surtout lors des évènements de 2002. Une attitude dénoncée en plein procès par l'avoc

Le général Fidy (au centre) entrant dans la salle d'audience.

at général. «Vous devez répondre directement aux questions qu'on vous pose», a t-il imposé au général Radrianafidisoa.

De son côté, Me Raherimandimby, avocat de Pety Rakotoniaina, a soulevé une exception avant la lecture de l'acte d'accusation. Il avance la compétence du tribunal militaire plutôt que celle de la cour criminille pour statuer sur cette affaire. Mais l'avocat général se réfère à la procédure judiciaire pour s'opposer à la demande. Il soutient que la défense aurait dû agir dans ce sens plus tôt. « Nous sommes déjà devant la cour criminelle. Il n'est plus possible de soulever l'exception », a t-il mentionné.

Le président du tribunal a insisté sur la déclaration médiatique du général Fidy concernant la mise en place de la directoire militaire. Cela justifierait son inculpation.

Le procès continue aujourd' hui avec l'audition des septs autres inculpés.

Encadré

Procès sous tension

L'avocat général monte au créneau. Il a donné l'ordre aux éléments des forces de l'ordre d'arrêter immédiatement les perturbateurs dans la salle d'audience et de les amener devant. Avant cette mesure, il en est même arrivé à menacer les partisans du général Randrianafidisoa de les faire sortir de la salle d'audience. Le président du tribunal a ajouté, de son côté, que le procès se tiendra à huis clos, si nécessaire.

Une partie des gens ont applaudi l'officier général lorsqu'il a critiqué la façon avec laquelle l'avocat général a posé la question à l'inculpé.

Avant la suspension d'environ une heure, le général Randrianafidisoa s'est déclaré sous pression suite aux interventions fréquentes de l'avocat général. Il a pris place sur la chaise installée près de la barre pour être plus à l'aise.

Côté technique, la grogne de l'assistance a poussé le président du tribunal à demander la mise en marche de la sonorisation.

Liens Pertinents

Parmi l'assistance figurait une quinzaine de membres de l'association Tambatra venue spécialement de Fianarantsoa. Six membres de la famille du général Randrianafidisoa sont aussi venus dans la capitale pour assister au procès. « Dans la salle, nous sommes une vingtaine, avec les membres de la famille qui habitent à Antananarivo », a précisé un frère du général Fidy, en attendant la reprise du procès l'après-midi.



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