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Maroc: Le secteur de l'énergie retrouve sa croissance


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008

Malgré la flambée des prix et un léger repli de l'activité du raffinage

L'année 2008 s'annonce sous de bons auspices pour le secteur énergétique, estime l'Institut national d'analyse de la conjoncture -INAC- relevant du Haut Commissariat au Plan. Cependant, en raison de la flambée des cours du pétrole et son impact négatif sur la trésorerie des entreprises, la reprise du secteur risque de ne pas se confirmer au fil de l'année.

Les analystes de l'INAC notent que le ralentissement des activités du secteur reste limité et relativement peu sensible au renchérissement des coûts des matières premières. Les entreprises opérant dans le secteur sont plutôt optimistes sur leurs perspectives de production. Le climat des affaires du secteur, après s'être dégradé au cours de 2007, a affiché un net affermissement au premier trimestre 2008. Dans le dernier rapport sur les tendances conjoncturelles, les analystes de l'INAC prévoient une croissance annuelle de 3,5% de la valeur ajoutée énergétique, au premier trimestre 2008, grâce à la consolidation de la production du pétrole raffiné.

Tirées par la fermeté de la demande intérieure, les livraisons des raffineries se sont accrues de 12,4%, au premier trimestre 2008, par rapport au trimestre précédent. Cette expansion se réduirait fortement, en comparaison avec le niveau moyen vendu au cours des cinq dernières années. Depuis la mi-2005, les activités de raffinage sont entrées dans une phase de ralentissement conjoncturel. Leurs investissements ont été bridés par des taux d'utilisation de capacité de production qui se sont peu redressés, même après la mise en service de toutes les unités de production en 2004.

Au premier trimestre 2008, les prix du Brent ont continué leur augmentation, atteignant près 104$/baril. Ils ont même poursuivi leur mouvement haussier, dépassant le seuil des 125 dollars le baril.

Paradoxalement, les importations de pétrole brut se sont affermies de 7,1%, en variation trimestrielle, permettant ainsi, de relancer les activités de raffinage. Cette reprise risque de ne pas se confirmer au cours de l'année, en raison de la dégradation de la situation de la trésorerie des entreprises, fortement amputée par la nouvelle escalade des cours internationaux de pétrole. Dans ces conditions, la valeur ajoutée des activités de raffinage pourrait afficher un repli de 4%, au deuxième trimestre, en comparaison avec la même période une année plus tôt.

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Dans la branche électrique, l'activité s'est améliorée également au début de 2008. La croissance de la production aurait atteint 7%, en variation annuelle, après un quatrième trimestre légèrement favorable. La dynamique d'une reprise des activités des centrales électriques semble se concrétiser. Les importations d'électricité ont de nouveau baissé, alors que la demande locale maintient son rythme d'évolution ascendant. Les besoins croissants des ménages, conjugués à une activité économique bien orientée soutiennent depuis plus de trois années les ventes d'électricité. Cependant, la valeur ajoutée du secteur électrique a peu de chance de s'intensifier au cours des prochains trimestres. Sa production ne pourrait probablement pas éviter les répercussions négatives de la progression des prix à l'importation du gaz naturel et du charbon.

Ce dernier a culminé à 123$/mt, au mois de mars dernier, alors qu'il ne coûtait que 53$/mt au début de 2007. Cette poussée de prix a largement réduit son utilisation pour la fabrication d'électricité, et a induit, par la suite, un retrait des activités de la centrale thermique de Jorf Lasfar. Il en est de même pour la centrale à cycle combiné de Thaddart, au plus bas depuis près de huit trimestres.

Seule la production des unités thermiques, utilisant les produits pétroliers raffinés, a réalisé un accroissement de près de 40%, contribuant pour 9 points à la croissance de la production totale d'électricité. Or, si les cours des produits énergétiques continuent leur envolée, le soutien public à la compensation devrait s'épuiser rapidement, ce qui laisse attendre une éventuelle hausse des prix intérieurs de fuel. Cette augmentation, si elle se produit, pénalisera davantage la situation financière des entreprises du secteur et contribuera à la limitation de la production, au profit d'une reprise des importations, concluent les analystes de l'INAC.



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