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Maroc: « Nos relations avec les autorités ne sont pas au beau fixe »


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

INTERVIEW
15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008

IDRISS OUCHAGOUR

Pour Brahim Aknfar, président du club de la presse à Tiznit, le jugement est dur.

La famille de la presse écrite à Tiznit a vécu tout dernièrement une succession de tristes événements. Que pouvez-vous nous en dire ?

Effectivement, il y a eu d'abord la condamnation du trésorier du club à une peine privative de liberté assortie d'une amende. On ne s'attendait pas à un verdict aussi dur. C'est injuste. Cela intervient évidemment dans la foulée de la vague de condamnations qui touchent le corps de la presse sur le plan national. C'est une regrettable régression de la liberté d'expression. D'autre part, il y a également la décision d'interdiction d'accès au siège de la province signifiée à certains représentants locaux de la presse nationale. L'attaque perpétrée par les forces de l'ordre contre ces mêmes personnes lors du sit-in organisé en solidarité avec Al Masaa. Cela impose une mobilisation accrue de toutes les forces vives, militants des droits de l'Homme et défenseurs de la liberté d'expression.

Ces pavés jetés dans la mare de la presse à Tiznit n'annoncent-ils pas la couleur de vos relations avec les autorités ?

Il faut dire que la relation entre ces dernières et l'ensemble des représentants des différents organes de la presse écrite n'est pas au beau fixe. Même si elle paraît calme elle est empreinte de tensions. Par ailleurs, nous avons subi à plusieurs reprises des tentatives visant à obliger les correspondants de presse à ne ressasser que les versions laudatives et officielles des faits.

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Y a-t-il d'autres entraves à l'exercice de vos tâches journalistiques ?

Effectivement il y en a à souhaits. La difficulté majeure tient à l'accès à l'information. Nombreux sont les responsables qui obstruent le chemin conduisant vers des dossiers importants. Le dernier exemple est le conflit qui nous a opposé au responsable de la division économique de la province .Ce conflit concerne le sujet des « agréments » octroyés dans le secteur du transport.

Dans la plupart des cas, on nous sort sciemment le même alibi :il nous faut l'autorisation du gouverneur ! Le même problème d'accès à l'information concerne la gendarmerie Royale et la direction de la police de la ville.



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