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Tunisie: La Caisse générale de compensation, un acquis social face aux contraintes
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La Presse (Tunis)
15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008
Hella Lahbib
M. Abdallah Kallel a souligné, à cette occasion, que cette table ronde constitue l'un des mécanismes permettant d'approfondir le dialogue sur des questions fondamentales pour la société, en concrétisation de la politique adoptée par le Président Zine El Abidine Ben Ali.
En présence d'un grand nombre de conseillers, M. Ridha Touiti, ministre du Commerce, a précisé qu'il existe à l'heure actuelle une crise aigue dans le monde découlant de la hausse des prix des hydrocarbures et des matières premières, notamment les céréales, se répercutant de fait sur les cours internationaux des matières premières.
Le ministre a évoqué, dans son intervention, le programme national de réformes du système de compensation.
Aussi, la Caisse générale de compensation (CGC) en assurant une subvention substantielle sur les produits céréaliers et alimentaires de base, tel le pain et l'huile, blé tendre et blé dur, accuse une forte pression budgétaire. La majeure partie des besoins étant importés, à titre d'exemple: le blé tendre importé couvre à hauteur de 85% la demande nationale.
A ce titre, M. Touiti a avancé que la compensation des produits de base a atteint près de 600 millions de dinars en 2007; en 2008, cette même charge de compensation est estimée à plus de 1000 millions de dinars.
Des réformes structurelles se sont imposées, a ajouté le ministre, pour permettre au système de compensation de perdurer, tout en réduisant le coût économique sur le budget de l'Etat. Parmi ces mesures, le développement de la production agricole, le ciblage de la subvention, l'activation des mécanismes de contrôle à tous les niveaux.
Assurer l'autosuffisance alimentaire, notamment en blé dur, est l'un des objectifs majeurs : «Notre production nationale est en moyenne de 20 quintaux par hectare en Tunisie, contre 50 dans les pays avancés. C'est un résultat pouvant être amélioré, notamment dans les zones agricoles nord du pays», a-t-il encore argumenté.
A ces éléments, d'autres facteurs exogènes viennent s'ajouter, tels les changements climatiques, le choix massif porté par certains pays comme l'Allemagne sur la culture du maïs et du colza, «convertibles» en pétrole «vert», également la réduction des réserves céréalières mondiales, en plus de la flambée sans précédent des prix des carburants. Des facteurs allant en s'aggravant, qui ont fini par pousser les pays producteurs à limiter leurs exportations en matières de base, pour couvrir, d'abord, leurs marchés locaux.
Dans cette conjoncture internationale, des mesures nationales s'imposent pour que la Caisse continue d'intervenir, en garantissant à la catégorie nécessiteuse et moyenne un pouvoir d'achat.
Parmi ces autres mesures, la limitation des produits subventionnés. Aussi, l'huile en vrac ne sera plus commercialisée d'ici peu. Quant à l'huile végétale, le ministre a insisté pour ouvrir le marché au secteur privé, et suspendre l'application des tarifs douaniers sur les huiles importées sous forme brute, outre la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les huiles traitées.
S'agissant de l'orge, dont la valeur de subvention est estimée à 153 millions de dinars , les objectifs tracés visent à en réduire progressivement la subvention, et à libéraliser l'importation et les prix en juin 2008. Le ministre a précisé, en outre, qu'en faveur des 2.239 boulangeries recensées, une carte d'approvisionnement en farine subventionnée sera octroyée dès ce mois.
Au cours du débat qui a suivi les interventions des conseillers ont touché plusieurs points cruciaux, comme la protection du produit national, la nécessité de faire évoluer les habitudes alimentaires du citoyen, la coopération maghrébine agrocile et la promotion de la recherche et développement.D'autres conseillers ont fait part de leurs suggestions sur notamment l'intensification des mesures protectionnistes des produits subventionnés; pâtes, couscous, farine pour empêcher leur écoulement sur les marchés extérieurs.
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Il est impensable, s'étonne un conseiller, que le coucous compensé largement par l'Etat soit commercialiséailleurs, et que la farine subventionnée destinée aux boulangeries pour la préparation du pain, soit récupérée par les pâtisseries et les pizzerias, pour être revendue sous forme de gâteau à 2D,800 la pièce.
Il a été également suggéré de faire intervenir le secteur privé pour augmenter les dépôts dans le pays en vue d'alimenter les réserves nationales et les stocks régulateurs en produits alimentaires de base.
Il ressort de la rencontre que la Caisse de compensation, acquis social indéniable, se doit d'être réformée pour continuer de jouer son rôle et canaliser son soutien vers ceux qui en ont besoin.
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