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Ile Maurice: Les importateurs privés boudent le «riz ration»


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008

Nico Panou
Port Louis

Les distributeurs privés ne s'intéressent plus à la proposition du gouvernement de libéraliser l'importation du «riz ration». La raison : sa commercialisation n'est pas rentable dans les conditions actuelles.

Sans aucune subvention, le «riz ration» coûterait entre Rs 11 et Rs 15 la livre.

L'importation du riz ration vient d'être libéralisée par le gouvernement «en raison de la hausse continue du prix du riz sur le marché mondial et la décision de certains pays producteurs d'interdire toute exportation de cette denrée», lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres du 9 mai dernier. Cette décision visait à donner à des importateurs privés l'opportunité d'importer cette céréale à Maurice et leur permettre d'explorer d'autres sources d'approvisionnement. Mais un effet délibéré de flou est entretenu autour de cette affaire.

Tout en sollicitant l'aide des importateurs locaux pour l'approvisionnement du marché local en riz ration, l'Etat leur fait une entourloupe. Car la State Trading Corporation (STC) continuera à importer, tant qu'elle le pourra, le riz ration avec le support des ministères du Commerce et des Finances, pour l'octroi de subventions.

Au ministère du Commerce, l'on admet effectivement que les subventions reçues par la STC sur ses commandes de riz n'ont jamais été remises en question. Ce que l'on se garde de dire, par contre, c'est que les opérateurs privés, eux, ne sont pas concernés par les subsides de l'Etat sur le riz ration. L'ambiguïté de cette situation n'a pas échappé à ces derniers. D'ailleurs, certains importateurs déclarent déjà ne plus être intéressés par la proposition du gouvernement.

«Le gouvernement nous prend pour des imbéciles. Le riz ration avec 35 % de brisure, livré à Maurice, revient à 1 100 dollars américains la tonne quand la cargaison est en provenance de l'Inde. Quand elle vient du Pakistan, elle revient à 1 500 dollars la tonne. Pour que sa commercialisation soit rentable, il nous faut le vendre à Rs 11 ou à Rs 15 la livre selon qu'il vienne de l'un ou de l'autre pays. Quel ménage acceptera d'acheter du riz ration à ce prix quand la STC peut se permettre d'écouler son produit subventionné à Rs 5,50 la livre de façon parallèle ? Nous ne sommes plus intéressés par ce deal. Nous préférons continuer avec du riz basmati. Que l'Etat s'occupe seul de l'importation du riz ration. Nous ne comprenons d'ailleurs pas pourquoi la STC ne veut plus garder son monopole d'importation», a déclaré à l'express un importateur qui a requis l'anonymat.

Polissage et blanchissage

«Il fallait libéraliser quand ce produit était à 300 dollars la tonne. Aujourd'hui, son prix a été multiplié par trois ou quatre. Personne n'est prêt à prendre ce risque, surtout dans les conditions actuelles», lâche cet importateur.

La situation du riz sur le marché international est plus que jamais préoccupante. Les pays qui produisent cette céréale, l'une des plus consommées dans le monde, étudient présentement la possibilité de se constituer en cartel, afin d'aligner leurs prix, comme c'est le cas pour les produits pétroliers. Cette perspective relance le débat sur la sécurité alimentaire en ce qui concerne le riz à Maurice.

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C'est justement dans le but de contribuer à cette sécurité alimentaire que Peninsula Rice Milling Limited (PRML), une rizerie du groupe Innodis, est entrée en activité depuis 2005. Présentement, elle décortique, blanchit et met sur le marché, annuellement, entre 5 000 et 6 000 tonnes de riz Rimilda ou du Rosana, importé de l'Inde ou du Pakistan. «Nous procédons, à l'usine, au polissage et au blanchissage du riz brun importé. Bien que le problème d'approvisionnement sur le marché international se pose à nous comme à tous les importateurs, nous arrivons à mettre entre 5 000 et 6 000 tonnes de riz sur le marché chaque année. Nous sommes en mesure de produire plus, notre capacité étant de 20 000 tonnes l'année. Nous augmenterons notre production, au rythme de l'accroissement de notre part de marché», explique Jean How Hong, le directeur de PRML. Vivement que d'autres exemples du genre suivent.



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