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Côte d'Ivoire: PDCI, FPI, RDR - forces et faiblesses des 3 grands
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Notre Voie (Abidjan)
15 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008
Didier Depry
Le FPI, le PDCI-RDA et le RDR sont les trois principaux partis politiques dont les candidats constituent les grands protagonistes de l'élection présidentielle du 30 novembre prochain. Sept (7) mois avant cette importante échéance électorale, jetons un regard sur l'image de ces formations dans l'opinion publique, mesurons leurs forces et faiblesses. Enquête.
1 - Front populaire ivoirien (FPI)
Créé dans la clandestinité en 1982 dans un appartement de la Riviera Golf d'Abidjan-Cocody, le FPI a tenu son premier congrès dans une palmeraie de Dabou en 1988. Il a été officiellement reconnu en 1990 à la faveur du multipartisme. Membre de l'International socialiste, ce parti doit son assise et son rayonnement à son combat pour les libertés et pour la démocratie en Côte d'Ivoire. Mais aussi à son leader charismatique, Laurent Gbagbo, opposant farouche au régime du parti unique tenu de main de fer par Félix Houphouet-Boigny. Après 30 ans de combat dans l'opposition émaillés d'incarcérations, de bastonnades et d'exil, Laurent Gbagbo accède au pouvoir avec son parti, le FPI, au terme de la présidentielle d'octobre 2000. Depuis lors, le FPI est dirigé par Pascal Affi N'Guessan.
Les forces du FPI
La première force du FPI, c'est son organisation, les formations politiques qu'il a inculquées à ses militants et sa gestion innovante du pouvoir d'Etat. Son organisation sur le terrain et la formation politique de ses militants qui lui ont permis, à la vérité, de résister à la machine du système du parti unique sous feu le président Félix Houphouet-Boigny (1960-1993) et à celle plus subtile, mais non moins répressive de son successeur Aimé Henri Konan Bédié (1993-1999). Autre atout, le dynamisme et l'engagement des responsables de ce parti qui ont toujours fait de la proximité avec les populations ivoiriennes une constante de leur action politique.
A preuve, le FPI a été le premier parti qui a initié des tournées et des meetings à Abidjan et à travers le pays pendant cette crise. Cela, longtemps avant le dialogue direct et la signature de l'accord de Ouagadougou. Mais, mieux, depuis la fixation de la date de l'élection présidentielle, les délégations du FPI conduites par les plus hauts dignitaires de ce parti ont investi le terrain et échangent déjà avec les populations dans les villes, villages et hameaux.
Ainsi, implanté sur toute l'étendue du territoire national, le FPI connaît-il parfaitement les Ivoiriens et leurs desiderata pour les avoir pratiqués depuis plus de 20 ans. Le Front populaire ivoirien possède aussi, à travers son projet de société et son programme de gouvernement baptisé «La Refondation», une force pour convaincre les Ivoiriens dans la perspective du 30 novembre 2008. Au plan de la gestion de l'Etat, bien que contrariée par la crise déclenchée en septembre 2002, la mise en exécution de certains aspects de ce programme, notamment la décentralisation, l'école gratuite, la réforme du café-cacao, l'électrification rurale , n'a visiblement pas laissé les populations indifférentes.
En 18 mois de gestion, le véritable Premier ministre de Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, avait renoué avec les bailleurs de fonds, remis le pays à flots et s'apprêtait à passer au déblocage des salaires des fonctionnaires, une première depuis plus de vingt ans, quand la guerre a été déclarée au pays. Affi a perdu son poste, la politique de refondation a été balafrée, pour ne pas dire arrêtée. Malgré tout, le président de la République, Laurent Gbagbo, a maintenu la Côte d'Ivoire debout. Il a électrifié de nombreux villages dans les quatre coins du pays sans aucune discrimination. Dans le cadre de la décentralisation, volet primordial de son programme de gouvernement, il a érigé de nombreuses localités en départements, sous-préfectures ou communes. Des initiatives de développement saluées par les chefferies traditionnelles.
Au plan individuel, Laurent Gbagbo constitue, sans contexte, un atout majeur pour le FPI. Grâce à trente ans de gestion intelligente de l'opposition politique à Houphouet-Boigny et à sa clairvoyance politique dans la gestion de la guerre qui lui a été imposée le 19 septembre 2002, les populations le jugent comme un chef d'Etat «hors pair, généreux, courageux, bon et pacifique». Son charisme est si grand que les populations n'hésitent pas à indexer, à tort ou à raison, son entourage d'être bien souvent en déphasage avec ses actes.
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Certes, certains de ses collaborateurs s'adonnent à des dérapages financiers en exposant de façon ostentatoire et peu vertueuse leur fortune, oubliant que la grande majorité souffre à cause de la crise. Mais depuis huit ans (du fait de cette crise) que le candidat du FPI est à la tête de l'Etat de Côte d'Ivoire, aucun cadre ni ministre issu du parti au pouvoir n'ont été convaincus de culpabilité dans une affaire de détournement de deniers publics. C'est une preuve importante de bonne gouvernance.
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