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Zimbabwe: Brisons le silence sur la violence politique
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United States Department of State (Washington, DC)
COMMUNIQUé DE PRESSE
14 Mai 2008
Publié sur le web le 15 Mai 2008
Washington, DC
On trouvera ci-après le texte de la déclaration de l'ambassadeur des États-Unis au Zimbabwé, M. James McGee, publiée le 8 mai 2008 dans le site Internet de l'ambassade, au sujet de la situation au Zimbabwé.
(Début de l'article)
Ambassade des États-Unis au Zimbabwé
Actualités
Déclaration de l'ambassadeur, M. James McGee
Brisons le silence sur la violence politique au Zimbabwé
En tant que défenseur des droits de l'homme, j'ai l'obligation de dénoncer les atrocités perpétrées dans l'ensemble du Zimbabwé. Quoi qu'on pense des résultats discutables de l'élection annoncés par la Commission électorale du Zimbabwé (ZEC), ainsi que de la controverse soulevée par l'organisation d'un second tour, l'actualité dans ce pays est la violence dirigée contre les simples citoyens désireux d'exercer leur droit de vote.
Le 29 mars dernier, la majorité des Zimbabwéens a voté pour le changement. Cela ne fait aucun doute. Même les chiffres de la ZEC le confirment. Il est tout aussi indéniable que certains responsables du ZANU-PF ont lancé une campagne systématique de violence destinée à bloquer ce désir de changement. Le gouvernement des États-Unis détient des preuves concrètes de la destruction de maisons, de passages à tabac, de mesures d'intimidation, voire de meurtres. Nous avons transmis ces preuves à des responsables de l'ONU et à des dirigeants de la région.
Ã- ce jour, le gouvernement des États-Unis a pu confirmer plus de 700 actes de violence qui ont entraîné l'hospitalisation de plus de 200 personnes. Au moins 20 autres ont été tuées. Par exemple, le président d'une section du MDC a été arrêté chez lui à Epworth le 26 avril par un groupe de soldats qui l'ont battu à coups de matraques et de fusils avant de le laisser dans un commissariat de police où il a été détenu toute la journée et forcé de payer une amende.
Deux jours plus tard, le 28 avril, un commerçant de Mutoko, favorable au MDC, a été battu par 30 membres du ZANU-PF. Le même groupe est retourné chez lui le lendemain : ils lui ont volé une chèvre et ont brûlé sa maison. Le même jour, un homme âgé sans emploi a été enlevé à Dzvarasekwa. Avec plusieurs autres, il a été emmené par des militants du ZANU-PF à une base où ils ont été battus sur les pieds et dans le dos. Après une journée de torture, on leur a fait payer des amendes et on leur a donné l'ordre de ne pas voter pour le MDC, faute de quoi ils seraient de nouveau battus.
Ce ne sont là que quelques exemples de centaines de cas de violence confirmés dans l'ensemble du pays. Pris dans leur ensemble, ils constituent l'image troublante d'une campagne organisée de violence contre ceux qui ont voté pour l'opposition.
Le gouvernement prétendra sans doute que le MDC est l'instigateur de cette campagne ou qu'il est également coupable. C'est tout simplement faux. Moi-même et des membres de mon ambassade avons discuté avec de nombreuses victimes et examiné les rapports décrivant la violence. La conclusion évidente est que cette dernière est orchestrée au plus niveau du parti au pouvoir, à la fois pour punir les gens d'avoir soutenu l'opposition lors du scrutin du 29 mars, et pour les dissuader de recommencer dans l'éventualité d'un deuxième tour.
On ne peut pas permettre à cette violence de continuer. Je vais continuer de réclamer haut et fort qu'on y mette fin. Je sais que la SADC et plusieurs dirigeants de la région s'inquiètent aussi, et j'espère qu'ils feront tout leur possible pour stopper cette brutalité aveugle qui affecte le Zimbabwé, la région et, surtout, de simples citoyens.
Tant que la violence ne cessera pas, nous continuerons d'Å"uvrer avec des partenaires locaux et internationaux pour aider à soigner les blessés, à nourrir les affamés et à recueillir les sans-abri.
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Permettez-moi de dire que les États-Unis connaissent l'identité de nombre des responsables du déclenchement et des auteurs de cette violence. Nous allons continuer d'assembler des preuves des atrocités qui sont perpétrées afin que les coupables puissent un jour être traduits en justice.
James McGee est ambassadeur des États-Unis auprès du Zimbabwé.
(Fin de l'article)
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