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Côte d'Ivoire: Pourquoi Gbagbo ne peut pas être réélu Président de la République


Le Patriote (Abidjan)
 

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Le Patriote (Abidjan)

15 Mai 2008
Publié sur le web le 16 Mai 2008

Jean-Claude Coulibaly

Une gestion catastrophique de la chose publique

De mémoire d'Ivoiriens, jamais un régime n'a été autant empêtré dans les scandales politico-économiques que la Refondation. Avant son élection, Laurent Gbagbo aimait à répéter aux paysans : « Donnez-moi le pouvoir, je vous le rendrez. » Ou encore : « Si je suis président, je fixerai à 3000frs le kilo du cacao. » Aujourd'hui, la réalité est tout autre. Les producteurs broient du noir. Le prix du kilogramme du cacao n'excède pas les cinq cents francs. Quant à celui du café, en parler serait faire une injure aux pauvres planteurs. En lieu et place de la richesse promise, c'est au pompage et à la dilapidation de leurs revenus auxquels assistent nos braves paysans.

Toute une mafia s'est érigée au sein de la filière café-cacao. La Bourse du café-cacao, le Fonds de régulation du café-cacao, le Fonds de développement des Producteurs du café-cacao, se présentent aujourd'hui comme des structures mises en place pour détourner le fruit des labeurs des producteurs. La gabegie dans cette filière se chiffre à des centaines de milliards de FCFA. L'exemple le plus patent, est l'achat fictif à plus de 100 milliards d'une usine non opérationnelle à Fulton aux Etats-Unis. Même si ce dernier scandale a poussé le chef de l'Etat à commanditer une enquête et des audits dans la filière, les Ivoiriens en attendent toujours les résultats. Que dire de l'opacité qui règne dans la gestion des ressources pétrolières ? Depuis 2002, la Côte d'Ivoire extrait l'or noir. Mais jamais les recettes obtenues dans cette filière n'ont été budgétisées. C'est seulement l'année dernière à l'occasion d'une interview accordée par le président Laurent Gbagbo à la RTI que les Ivoiriens ont été informés que leur pays produit 50 mille barils de pétrole par jour. Alors qu'en réalité selon un document de l'agence américaine de l'énergie, c'est plutôt 80 mille barils qui sortent des off-shore implantés dans les eaux territoriales de notre pays. Les choses se passent comme si les revenus engrangés par ces ressources minières sont la tontine personnelle des pontes de la Refondation.

L'affaire qui traduit de façon éloquente le copinage et le laxisme qui se sont installés dans la gestion de la chose publique, est sans conteste le scandale des déchets toxiques. Dans cette affaire, le champion des Frontistes a étalé au grand jour toutes les limites de son régime dans la gestion du pouvoir d'Etat. Avec beaucoup de mépris, le président Laurent Gbagbo a montré que la souffrance des Ivoiriens l'importe peu. Le déversement des slops du Probo Koala à plusieurs endroits dans le District d'Abidjan a causé la mort de plus dix personnes et fait de milliers de victimes. La commission intergouvernementale d'enquête mise en place par le Premier ministre Charles Konan Banny a mis en cause dans cette tragédie la responsabilité directe du directeur du Port autonome d'Abidjan, du directeur général des douanes et du gouverneur du District d'Abidjan. A l'issue des résultats de l'enquête M.M. Marcel Gossio, Gnamien Konan et Pierre Djédji Amondji ont été suspendus de leurs fonctions pour trois mois. Les Ivoiriens à l'échéance de cette mesure conservatoire, ont été surpris de voir le chef de l'Etat réhabiliter ses personnalités contre toute attente. Laurent Gbagbo venait de choisir ses copains au détriment des intérêts des Ivoiriens. Là où le sens de la responsabilité étatique exigeait des sanctions. Sous la Refondation, les deniers publics se confondent au budget personnel. C'est la course à l'enrichissement illicite. En toute impunité. Le chef de l'Etat, lui-même, a avoué qu'il ne peut et n'entreprendra rien contre les prévaricateurs. Et ce sera peu de dire qu'à l'heure des comptes et des audits, la facture sera très salée pour le contribuable ivoirien. Une chose dont il se souviendra certainement au moment du vote, le 30 novembre prochain.



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