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Congo-Kinshasa: Et ce jour-là, l'AFDL entrait dans Kinshasa
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Le Potentiel (Kinshasa)
16 Mai 2008
Publié sur le web le 16 Mai 2008
Rich Ngapi
Kinshasa
Le 17 mai 1997, comme dans une promenade de santé, les rebelles de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), menés par Laurent-Désiré Kabila, prennent Kinshasa, la capitale du Zaïre. Le Maréchal Mobutu ayant abandonné le pouvoir, Kabila, « constatant le vide », s'autoproclame, à partir de Lubumbashi, président de la République. Ainsi sonna le glas pour la IIème République.
A partir de la chute de Kisangani au mois de mars 1997, les jours de Mobutu étaient comptés. La situation sur le terrain ne joue plus en sa faveur. Des villes continuent à tomber, aussi facilement, les unes après les autres. Et les forces de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), bras armé congolais du Front patriotique rwandais (FPR) et de l'Ouganda, emmenés par Laurent-Désiré Kabila, avancent résolument sur tous les fronts.
AVANCEE SPECTACULAIRE DE L'AFDL
Elles sont désormais dans la province de Bandundu en direction de Kinshasa. Lubumbashi, après avoir courageusement résisté grâce aux éléments de la DSP, est tombée également. Kinshasa était désormais à la portée de main des rebelles.
Devant cette avancée irrésistible des troupes de l'AFDL, les actions diplomatiques se multiplient pour tenter une rencontre entre Mobutu et Kabila. La France et la Belgique s'en mêlent discrètement. L'Onu encourage ce genre d'initiatives brandies comme des tentatives pour éviter une catastrophe humanitaire. Mais en réalité, tout le monde était conscient que les Forces armées zaïroises (Faz) ne résisteraient plus à la force de frappe de l'AFDL.
Mais Mobutu est inflexible. Il refuse le dialogue, convaincu qu'il ne sera pas vaincu, même diminué physiquement. Et lorsque Tshisekedi, son virulent opposant naturel, se présente à Cap Saint Martin dans sa villa de Nice, sous prétexte de le réconforter dans sa maladie. Très ingénieux, Mobutu ne rate pas l'occasion. Une fois Tshisekedi à Kinshasa, Mobutu le nomme premier ministre, le 2 avril 1997. Malheureusement, les choses se compliquent. Tshisekedi, ayant refusé de faire la remise et reprise avec Kengo wa Dondo, se verra barré l'accès de la Primature.
C'est sur ces entrefaites que le Maréchal du Zaïre puise dans ses dernières réserves pour nommer un autre Premier ministre, en la personne du général Likulia Bolongo.
Hélas, comme pour remonter le moral à ses troupes, Mobutu quitte sa villa de Cap Saint Martin sur la côte d'Azur pour venir à Kinshasa via Pointe Noire où il devrait rencontrer Kabila sur Outenika. Rencontre échouée suite à l'absence de Kabila qui a refusé de faire le déplacement. Mais l'homme qui débarque à l'aéroport de N'Djili est affaibli et amaigri. Il fournit des ultimes efforts. Au Camp Tshatshi, en sa résidence, il affirme qu'il demeure au pouvoir et se prépare pour les élections. C'est alors qu'il lâche cette phrase qui va demeurer célèbre comme pour résumer tous les déboires des Faz : « J'ai été poignardé dans le dos ». Par qui?
LA FUITE ET LA CHUTE DE MOBUTU
En effet, le 16 mai 1997, les officiers généraux des FAZ conseillent à Mobutu de quitter Kinshasa pour autant qu'« ils n'étaient plus en mesure d'assurer sa sécurité ». Très tôt matin, le couple présidentiel est à l'aéroport de N'Djili, où il s'embarque précipitamment à destination de Gbadolite. Selon des témoignages, il a été conseillé au pilote de décoller en sens inverse pour éviter d'être atteint par des tirs des éléments de l'AFDL qui seraient déjà à la hauteur de N'sele. L'avion présidentiel décolle pour Gbadolite où Mobutu n'a le temps que de prendre juste ses affaires pour quitter en catastrophe cette ville.
Les moments sont très durs pour lui, car très fatigué par la maladie. Quand il apprend que Kinshasa est tombée, le Maréchal ne résiste plus. Il est embarqué à bord d'un cargo. Quelques éléments de la DSP désemparés, réalisant que les choses avaient changé, auraient tenté de tirer en direction de l'avion dans lequel Mobutu avait été embarqué, avant de s'adonner au pillage de la résidence du Maréchal. Le couple présidentiel sera accueilli peu après à Lomé avant de se rendre au Maroc. Entre-temps, à Kinshasa, cette nuit-là, le chef d'Etat major des FAZ, le général Mahele, avait été assassiné.
Après la prise de Kinshasa, à l'aube du 17 mai, l'AFDL rendit public un message solennel intitulé « Déclaration de Prise de Pouvoir », depuis son siège temporaire de Lubumbashi. Etant donné le vide laissé au sommet de l'Etat par la fuite de Mobutu et la déroute de son armée, le « Grand Conseil de l'AFDL » déclarait qu'il « avait pris le pouvoir sous la direction de son président, Laurent Désiré Kabila. »
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Cette déclaration eut force de constitution jusqu'au 28 mai, date de la proclamation d'un décret-loi constitutionnel. Elle marqua la fin de la IIème République de Mobutu et le début d'une ère nouvelle dans l'histoire du Congo.
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