Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Le virus de l'hépatite très fréquent chez les moins de dix ans, selon une spécialiste

15 Mai 2008


Saint-Louis — La directrice exécutive du programme national de lutte contre les hépatites, le professeur Aminata Sall Diallo, a révélé jeudi à Saint-Louis que 53 % de la population sénégalaise est infecté par le virus de la maladie qui est très fréquent chez les personnes âgées de moins de dix ans.

Mme Diallo répondait aux questions des journalistes en marge d'un colloque sur mathématique et modélisation organisé par l'Université Gaston Berger (UGB) et regroupant des spécialistes africains et français de plusieurs disciplines.

"85 % des Sénégalais ont déjà rencontré ce virus, certains en sont guéris mais il reste plus de 17 % qui sont des porteurs chroniques", a dit Mme Dialllo, enseignante à la faculté e médecine de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Cele veut dire selon elle que dans les 25 ans à venir ces personnes vont faire une cirrhose du foie qui reste le cas le plus fréquent de cancer rencontré au sénégal.

Dressant le tableau de cette maladie au Sénégal, elle a soutenu que 20 % des femmes enceintes sont porteurs du virus contrairement aux avis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles risquent de transmettre la maladie à leurs enfants dont la majorité va demeurer porteur chronique.

D'où l'importance pour elle de cette rencontre avec des mathématiciens qui permet de prendre la bonne décision grâce à la modélisation des informations nettes sur la progression de ce virus.

"La recherche mono disciplinaire c'est fini. Les problèmes sont suffisamment complexes et on est obligés de travailler en équipe multidisciplinaire entre informaticiens, mathématiciens, médecins, etc.", a ajouté Mme Diallo pour qui cela constitue une belle illustration de l'apport de la recherche dans la prise de décision.

Rejetant les informations de l'OMS sur l'importance de cette maladie chez les femmes enceintes, elle a dit qu'il faut "dès la naissance vacciner l'enfant pour le mettre à l'abris du virus". "Il ne faut pas le faire à trois mois ou quatre mois, c'est déjà trop tard", prévient-elle.

Aminata Sall Diallo se dit confortée dans ses convictions maintenant que des recherches ont permis de montrer que scientifiquement la proportion de femmes enceintes portant le virus était beaucoup plus importante. "Pendant des années j'ai porté seule ce combat", signale-t-elle

L'âge des personnes qui décèdent de cette maladie est "énorme", passant de 55 à 36 ans en une dizaine d'années, a-t-elle noté appelant à une prise rapide de la bonne décision. "Il n'y a pas de famille où une ou deux personnes ne sont pas mortes de cette maladie virale", a-t-elle relevé.

Le colloque de Saint-Louis enregistre la participation du professeur Gauthier Sallet, chercheur français à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) et à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Il a notamment développé un modèle qui contredit les indications de l'OMS sur la vaccination contre l'hépatite B.

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