Midi Madagasikara (Antananarivo)

Afrique: L'évaluation des risques dans la consommation d'OGM chez l'Homme reste théorique

16 Mai 2008


 Ces produits existent bel et bien sur le marché local et leur consommation devrait susciter la plus grande prudence.

Les risques pour le consommateur

De nombreuses recherches tentent cependant de recenser les risques potentiels dans la limite d'un laboratoire. Cette recherche limitée et sans aucun recul ne peut suffire à rassurer le consommateur touché récemment par l'apparition de la maladie de Kreutzfeld Jacob, qui serait en relation avec l'encéphalopathie bovine spongiforme (maladie de la vache folle). La consommation d'OGM revêt un caractère dangereux pour 63 % des personnes questionnées à ce sujet (sondage AC Nielsen, Courrier International n°381 du 19-20 février 1998). Dans ce contexte de peur où, les scientifiques sont affublés du nom d'apprenti sorcier, il est primordial que les recherches s'accélèrent afin d'évaluer les risques. La communauté scientifique tente de minimiser les effets que pourraient avoir les OGM sur la santé humaine dans la mesure où chacun est conscient que le risque 0 n'existe pas.

Le risque potentiel toxicologique

L'ajout d'un nouveau gène dans un organisme vivant peut provoquer l'expression d'un ou de plusieurs gènes inactifs à l'état normal. Cette expression induite par le transgène peut entraîner la production de toxines, ou l'augmentation de cette production à l'état de traces naturellement. Or, nous savons que certaines toxines existent à l'état naturel et sont produites en quantité non toxique. C'est le cas de la solanine de la pomme de terre, de la tomatine de la tomate ou de l'acide érucique du colza. Ce risque, même minime, peut survenir et nul n'est capable d'en connaître les effets.

Le risque allergène

Ces risques d'allergies alimentaires existent déjà en dehors des OGM. On a pu le constater récemment dans la consommation de litchi : ce fruit anodin est responsable de nombreuses allergies. Dès qu'une protéine est ingérée, elle est susceptible d'être allergène et dans ces conditions, il est difficile de mesurer et de prévoir la capacité allergène d'une molécule. Des études ont été réalisées dans le but d'examiner la résistance des protéines dans le milieu gastrique. Il ressort de cette étude que la protéine est dégradée en quelques secondes : 15 pour la protéine introduite dans le soja transgénique "round up ready". Cette dégradation au niveau gastrique est un gage de non risque d'allergénicité.

Les précautions à prendre

Quelques précautions sont à prendre au niveau du transgène, notamment pour limiter le risque. En effet, si le transgène code pour un allergène connu, il est tout à fait probable que la plante transgénique va exprimer la protéine exogène avec son potentiel allergénique. Ce fut le cas lorsque la société américaine Pioneer Hi Berd a voulu intégrer dans le soja l'albumine 2S de la noix du Brésil. Cette protéine est un allergène reconnu par les personnes sensibles à la noix du Brésil et étant exprimé par le soja, il en garde ses propriétés allergisantes. Ce soja transgénique n'a jamais été commercialisé. Les laboratoires étudient ces risques d'allergies et évitent d'utiliser des gènes provenant d'organismes connus pour leur allergénicité.

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