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Ile Maurice: Le manque de contrôle de nos côtes fait surface
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L'Express (Port Louis)
16 Mai 2008
Publié sur le web le 16 Mai 2008
Bernard Saminaden
Port Louis
Si les bateaux de plaisance doivent demander l'accord des gardes-côtes pour pouvoir quitter ou entrer au pays, le manque d'équipements de la NCG ne lui permet pas d'agir. Le commissariat du Chaudron à Saint-Denis, où sont détenus les trois fugitifs mauriciens. Trois hommes, en liberté conditionnelle sur lesquels pèse une interdiction de quitter le pays, y parviennent quand même. Pas par l'aéroport, puisque la sécurité est trop stricte, mais par voie maritime où elle est inexistante.
Trois hommes en liberté conditionnelle ont pu quitter le pays sans être inquiétés par les autorités. A quoi servent donc toutes les mesures de sécurité mises en place à l'aéroport quand l'accès au pays n'est pas protégé ? A ce stade, il n'y a aucun contrôle sur les bateaux de plaisance (pleasure crafts) qui quittent le pays ou qui rentrent.
En principe et selon le directeur général de la Mauritius Ports Authority, Shekur Suntah, ils doivent d'abord informer la National Coast Guard (NCG). «Lorsqu'un bateau circule en dehors de Maurice, il doit obtenir l'autorisation de la NCG mais quand il s'agit des bateaux qui sont dans le port, c'est la Harbour Radio qui doit être informée.» Quand il est question de bateaux de croisière - qu'ils soient étrangers ou mauriciens - les passagers doivent passer par le bureau de l'immigration qui se trouve dans le port à Port-Louis.
Le problème, c'est que les autorités présupposent que les autres bateaux, qui ne sont pas dans le port, n'emmènent jamais de passagers. On peut penser que les autorités n'ont jamais considéré que des étrangers puissent débarquer de façon clandestine à Maurice. Ni même que des Mauriciens puissent quitter le pays ni vu, ni connu.
Dans les milieux concernés, c'est motus et bouche cousue. Du moins, officiellement. Mais officieusement, les langues se délient et chacun accuse son prochain. Un haut responsable de la NCG affirme que toutes les demandes ont été rejetées concernant la construction de stations de garde-côtes dans la région du Morne, où il y a plusieurs hôtels et où des malfaiteurs ont utilisé la mer, dans le passé, pour cambrioler les hôtels. Le poste de garde-côtes le plus rapproché se trouve à Baie-du-Cap. D'autres affirment que «même à La Réunion, les autorités n'ont pu identifier le bateau clandestin».
Cependant, les guerres intestines et les justifications mises de côté, les autorités n'ont jamais considéré que la facilité avec laquelle on peut entrer et sortir du pays, est un problème.
Deux types de permis
Un haut responsable de la NCG explique avoir eu des discussions avec la Tourism Authority pour que tous les bateaux soient équipés d'un «monitoring transponder», c'est-à-dire un dispositif électronique qui émettra des signaux pour alerter les autorités sur l'emplacement des bateaux. Mais ces équipements coûteront la bagatelle de Rs 30 000 par unité. Une somme dont les pêcheurs artisanaux ne pourront probablement pas s'acquitter. D'où la décision de n'imposer ce «transponder» qu'aux bateaux qui quittent le lagon.
Il y a deux types de permis livrés par les autorités pour qu'une personne puisse aller en mer. Les bateaux de plaisance font une demande à la Tourism Authority et les pêcheurs au ministère de la Pêche. Il y a aussi 800 officiers affectés à la NCG mais elle n'est pas équipée pour protéger nos eaux territoriales, à en croire les responsables de cette unité spécialisée de la police.
«Les radars ne sont pas performants, les bateaux pas suffisants et les hélicoptères ne font pas l'affaire. Comment protéger les côtes dans ce cas-là ?» demande un officier de la NCG. En clair, il n'y a aucune obligation pour que les bateaux qui quittent le pays informent les autorités car même s'ils sont supposés le faire, il n'y a aucune forme de contrôle à cet effet.
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Alors qu'à l'aéroport, les mesures de sécurité deviennent de plus en plus contraignantes.
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