Makon Ma Pondi
16 Mai 2008
éditorial
Défi collectif, la coexistence pacifique entre les citoyens de ce pays est une conquête de tous les jours.
Bien sûr le progrès social focalise attention et énergies des pouvoirs publics, des décideurs à tous les niveaux. C'est la priorité la plus pressante des autorités en charge du destin collectif de notre pays. Naturellement sur ce parcours semé d'obstacles et d'embûches de toute nature, la relance de la croissance économique constitue un leitmotiv, un impératif incontournable. Par celle-ci transite la création des emplois, des richesses, de la valeur ajoutée. Dans ce contexte, la lutte contre la pauvreté fait l'objet d'une mobilisation sans pareille. Normal.
Mais de quel apport pourraient être les meilleures politiques économiques monétaires pour le développement du pays sans une cohabitation pacifique et harmonieuse de ses différentes composantes ethniques, linguistiques, politiques, religieuses, etc.? Quelles chances d'épanouissement pour les populations de ce pays nôtre, si celui-ci n'entretenait à ses frontières des relations confiantes et sereines avec les Etats voisins ? A vérité, la paix se présente comme un facteur déterminant de progrès social, un préalable irremplaçable de développement global de toute entité nationale viable. On ne comprend que mieux le choix des constituants à la veille de l'indépendance nationale, lorsqu'ils optèrent de faire figurer la paix comme premier élément de la devise du Cameroun (Paix-Travail-Patrie).
Il va de soi que le concept de paix implique, au plan individuel, l'attachement à des valeurs telles la tolérance, l'acceptation de l'autre, le vouloir vivre en commun. Il s'agit de facteurs indispensables pour préserver, entretenir et pérenniser la cohésion nationale qui représente un combat au quotidien. Une quête permanente. Dans tous les cas, il est hors de question de considérer la paix comme un acquis définitif, tant elle est fragile. Surtout dans un pays comme le Cameroun, véritable mosaïque regroupant près de 250 (deux cent cinquante) groupes ethniques et presque autant de partis politiques. Il suffit pour s'en convaincre d'observer attentivement autour de nous, en Afrique et ailleurs. Que de nations bien moins complexes que le Cameroun ont sombré dans l'anarchie et le délitement !
Or, les contempteurs les plus virulents du Renouveau reconnaissent volontiers à Paul Biya d'avoir su préserver jusqu'ici la paix et la stabilité de notre pays. Ce qui, bien évidemment, n'est pas donné. Au regard de l'enchevêtrement des intérêts divergents, voire antagonistes qui balaient et traversent le traingle national. Pour autant, il est dangereux de verser dans l'autosatisfaction, car la paix, comme l'unité, ne saurait jamais être une oeuvre achevée. Au contraire, elle demande à être consolidée tous les jours. Un chantier, un défi qui nous interpellent tous et chacun.
Copyright © 2008 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.
Read comments. Write your own.