L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Quartiers en travaux

Aline Groeme-Harmon

16 Mai 2008


Port Louis — Alors qu'un talipot est en fleur en ce moment, des chantiers fleurissent au jardin de Pamplemousses : mur de clôture, colmatage des fuites, rénovation de bâtiment à l'abandon Les bâtiments inutilisés seront transformés en café et boutique d'artisanat (à g.). Evénement rarissime, le talipot en fleur actuellement au jardin (ci-dessus)

Privilège d'officier. Parcourir les arpents de jardin en voiturette. A l'abri du soleil. Et sans sentir la distance. Rouler jusqu'à cette partie du jardin que les 800 touristes par jour, en moyenne, ne voient pas. Là-bas, tout au bout des allées verdoyantes. Là-bas, où les grands espaces semblent en friche. Ces plaines qui, à première vue sont envahies par la mauvaise herbe, servent de fourrage aux animaux du jardin de Pamplemousses : tortues, cerfs seront désormais protégés par un mur d'enceinte en pierre de taille.

Les travaux sont en cours pour clôturer - en dur - l'arrière du jardin. Au coût de Rs 3,5 millions. Pour empêcher les intrus de faire la razzia à la saison des fruits : mangues, letchis, longanes. Un jardin, plusieurs fois centenaire, qui jusque-là n'était protégé que par un grillage.

Une mesure qui vient également renforcer la sécurité des visiteurs. Et que Chetanand Ramgoolam, Chief executive officer (CEO) du SSR Botanic Garden associe aux avantages de l'entrée payante. «Les visiteurs ont constaté qu'avec l'entrée à Rs 100 pour les touristes et Rs 25 pour les Mauriciens, il y a une diminution de voyous dans le jardin.» L'entrée payante a été introduite en octobre 2007. De cette date à mars 2008, le SSR Trust a recueilli la somme de Rs 12 millions, affirme le CEO.

La tournée des chantiers - récemment complétés et futurs - s'arrête un instant à l'avenue Cossigny. De là, nous avons une vue imprenable sur le talipot actuellement en fleur. Une rareté. Car l'espèce ne fleurit que tous les demi-siècles. Pendant que les frondaisons jaunes absorbent le soleil, les nénuphars respirent. Le bassin, rendez-vous incontournable de tout visiteur, vient d'être rénové. Il a été agrémenté de nouveaux bords en béton et ses fuites, causées par les racines des nénuphars, ont été colmatées au coût d'un million de roupies.

Pour ce qui est des nouvelles canalisations envisagées pour le jardin - qui consistent à éviter que des gens prélèvent l'eau pour la lessive ou pour l'irrigation, comme l'affirme le CEO -, l'installation de canalisations coûte Rs 5 à 6 millions.

Centre de documentation

Prochaine escale : l'avenue Adrien-d'Epinay au bout de laquelle se tient un bâtiment en ruine. Sa structure est similaire à celle qui abrite les bureaux du CEO. Le squelette en pierre est dépourvu de toit, de portes et de fenêtres. Les mauvaises herbes ont pris possession des lieux. Le calme est complet. On entendrait presque pousser l'herbe. Ce qui servait auparavant de quartiers, pour les jardiniers et leur famille, sera transformé après rénovation en boutique d'artisanat.

Plusieurs mètres plus loin, à l'arrière du château de Mon Plaisir, un bâtiment - en meilleur état celui-là - se tient, portes closes. Il s'agit d'anciennes écuries qui deviendront, après travaux, un café. «Tout sera fait en respectant le patrimoine», souligne Chetanand Ramgoolam.

Ces projets s'inscrivent dans la lignée du plan directeur mis en place par Ashvin Mooneeram, président du conseil d'administration. Son contrat, qui vient tout juste d'être renouvelé - décision du Conseil des ministres de vendredi - place ces projets dans la continuité. A l'agenda des prochains travaux : la mise en place d'un centre de documentation où sera disponible une somme d'informations sur les espèces présentes au jardin.

«Les visiteurs souffrant d'un handicap pourront faire une visite virtuelle du jardin, en un clic d'ordinateur», explique le CEO. Qui prévoit aussi pour la prochaine année financière l'installation d'un food court, au coût de Rs 4 millions. Sans boissons alcoolisées et sans préparation des repas sur place.

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