L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Ravalomanana renvoie la balle au FFKM

Iloniaina Alain

16 Mai 2008


Le président Marc Ravalomanana oppose une fin de non-recevoir à la demande du Conseil chrétien des Eglises (FFKM). Il semble qu'il n'apprécie pas beaucoup le « Message de la Pentecôte » de l'entité chrétienne. Une première dans les relations entre les deux parties depuis 2002. « Cela ne me regarde pas. Il faut demander au FFKM », a déclaré hier, de façon laconique, le chef de l'État, en marge de l'ouverture officielle de la Foire internationale de Madagascar (FIM), à Andranomena.

Le président Ravalomanana a donc choisi d'ignorer, sur un ton sec, la déclaration du FFKM. Il a d'ailleurs éludé une première fois la question, avant de renvoyer les journalistes auprès des quatre chefs d'Eglise, signataires du Message.

Il a adopté le même ton après une remarque faite, mercredi à Antanimena, par Mgr Odon Razanakolona, archevêque d'Antananarivo. « C'est son affaire. C'est sans doute lui que personne n'écoute plus », a-t-il répliqué à l'homme fort de l'Eglise catholique, qui avait critiqué l'absence d'esprit de dialogue du pouvoir. Il faut dire que, depuis quelque temps, les relations entre les deux personnalités ne sont pas au beau fixe.

Conséquences graves

Mgr Odon Razanakolona n'a pourtant fait que reprendre le «Message de la Pentecôte» des quatre chefs d'Eglise adressé aux dirigeants. Ils ont, entre autres, déploré l'absence de dialogue entre les acteurs politiques et ont évoqué la nécessité d'y remédier. Il a aussi été question de la nécessité de mesures pour atténuer l'impact du coût de la vie sur la population.

Interrogé sur le sujet, le catholique Marcel Ranjeva, ministre des Affaires étrangères, a adopté la même attitude que le chef de l'État. « C'est l'affaire du FFKM », a-t-il soutenu. « De toute manière, tout le monde a le droit de s'exprimer librement. C'est la démocratie », a-t-il ajouté.

Le Dr Endor Modeste Rakoto, président tournant du FFKM, est injoignable. Par contre, Alain Thierry Raharison, assistant ecclésiastique de «Justice et Paix», branche de l'Eglise catholique chargée des affaires nationales, craint de «graves» conséquences à l'attitude présidentielle. « Si tout le monde fait la sourde oreille et ne change pas d'attitude, qu'adviendra-t-il de la population et de tous ceux qui n'ont pas les moyens de s'exprimer et de se défendre ? », s'est-il demandé pour mesurer l'impact de la déclaration présidentielle.

L'assistant ecclésiastique se dit pourtant confiant quant à la possibilité de détendre les relations entre l'Eglise et l'État. « Nous gardons espoir d'une évolution positive de la situation. Nous continuerons de nous acquitter de notre devoir d'éducation dans le respect mutuel du rôle de chacun dans la société. La collaboration entre l'Eglise et l'État se poursuivra également, car elle peut se traduire sous plusieurs formes », conclut-il.

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